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Consumés – David CRONENBERG

David CRONENBERG. Ce nom vous parlera sans doute. La Mouche, Videodrome, Existenz, … La filmographie du monsieur est emplie de pépites, films noirs et sombres qui interrogent les limites de l’humanité et les interconnexions avec la technologie et les médias, leur influence sur le vivant. Des thèmes forts qui ont trouvé, du moins chez moi, un écho fort et marquant durablement le jeune homme que j’étais à la vision de ces films. Alors lorsque j’ai appris que le réalisateur allait s’essayer à l’écriture, je me suis empressé de me jeter sur l’ouvrage.
Nathan Math est photojournaliste. Mais ce qui l’intéresse vraiment, c’est le sujet choc. Alors lorsqu’il a l’opportunité de se rendre à Budapest pour y réaliser un reportage sur la clinique du docteur MOLNÄR, lequel réalise des interventions au-delà de toute légalité garantissant la guérison de toutes sortes de maladie. Il est alors fasciné par une de ses patientes avec laquelle ses relations vont finir par devenir plus que professionnelles. C’est alors que Nathan contracte la peu courante « maladie de Roiphe ». Il s’envole alors vers Toronto afin de rencontrer le médecin ayant découvert cette maladie. Entre-temps il croise Naomi SEBERG, consœur journaliste mais également amante. Celle-ci travaille sur l’affaire AROSTEGUY, du nom de ce couple de philosophes parisiens dont la femme a été retrouvée morte et, semble-t-il, en partie dévorée.
Sur ces bases, CRONENBERG tissera une fable moderne sur ces thèmes de prédilection : le rapport au corps, à la chair. L’écriture de l’auteur est pleine de symboles, d’images qui relient le charnel au spirituel, qui décrivent à quel point il y a une relation entre le corps et la perception que l’on en a. Son style est fluide et plutôt alerte, ce qui rend la lecture très agréable. Pourtant on peut quand même noter un léger défaut, qui n’en sera sans doute pas pour certains : CRONENBERG a fait beaucoup de recherches pour ce livre, et le seul fait que je puisse le dire juste à la lecture de son livre est un reproche que je peux lui faire. Dès qu’il parle de photographies, l’auteur insiste sur le type d’objectif, de focale et autres détails techniques, ce qui peut devenir assez rapidement rébarbatif.
Cependant ses défauts ne sont que bien peu de choses face à la force conceptuelle de l’objet livre. Cette histoire est forte, dérivant sur la fin aux confins de la folie dont les adeptes des œuvres cinématographiques du monsieur sont coutumiers. Alors bien sûr il y a des défauts de forme, comme si l’on était en face d’un jeune cinéaste tournant son premier film, mais la force du discours est bien présente et impose le respect. Un très bon premier livre, certes perfectible dans sa forme mais délectable quant au fond !

Editions Gallimard
Collection Du monde entier
Traduction: Clélia LAVENTURE
372 pages

Jérémy

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Jérémy
Chronique/Co-Fondateur

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