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Interview: Quidam éditions

Logo-noir-CMJNGabriel Josipovici, Catherin Ysmal, Philippe Annocque, John Berger, Kate Braverman, Eva figes, Rolf Dieter Brinkmann, Ron Butlin… et encore bien d’autres ont un point commun, un petit éditeur qui fait de plus en plus parler de lui et qui sort aujourd’hui très certainement un des meilleurs roman de cette rentrée littéraire. Voici l’interview des éditions Quidam :

1/ Qu’est-ce qui vous a décidé à sauter le pas et à créer votre maison d’édition?
Un faisceau de circonstances : une mort, une naissance à venir, un dessin de Moebius, un coup de pied au cul symbolique, l’autodidacte cet animal, l’envie d’être étonné, l’envie d’étonner, le fantasme peut-il prendre corps, le goût du risque enfin, tenter de faire grand (de sens) avec rien (no pépètes).

2/Pourquoi avoir choisi de travailler dans ce domaine?
Si je n’étais pas le nez dans un livre, péché originel, c’était sans doute là que j’allais arrêter de m’ennuyer.

3/ Quelle est votre politique/ligne éditoriale?
L’envie d’être étonné, l’envie d’étonner, disais-je. Donc la nécessité d’être embarqué par un texte, qui est le plus souvent une voix. Privilégier tout autant le style que la forme. S’efforcer de ne faire ce qui a déjà été fait. Avoir deux fers au feu : la littérature étrangère et la littérature française, contemporaines, toutes deux de création (un seul titre sur 75 est une réédition), et qui ont globalement trouvé refuge dans la collection Made in Europe, là où nous sommes.

4/ Comment choisissez-vous les textes, les auteurs avec lesquels vous allez travailler?
Certains étaient dans ma bibliothèque, d’autres sont apparus par cristallisation : une traductrice, un traducteur, un texte sur un blog, une conversation, un postier, l’inconnu/e qui frappe à la porte avec ce qui nous agite le neurone.

5/ Comment se passe le travail avec l’auteur (et le traducteur le cas échéant) depuis la sélection de l’ouvrage jusqu’à sa sortie?
Tout dépend du texte. Certains nécessitent d’être retravaillés un peu, beaucoup, passionnément. Cela doit se faire dans l’échange sinon ça n’a pas lieu d’être. Parfois il n’y a strictement rien à faire, et l’éditeur mécréant remercie le créateur, alléluia !
Pour ce qui est des traductions, elles nécessitent forcément des allers et retours, et il est très jouissif de voir comment certain/e/s sont de remarquables créateurs de langue.
De toute façon, l’essentiel est d’être bluffé à un moment ou à un autre.

6/ Un coup de projecteur sur une sortie plus ou moins proche?
« Goldberg : Variations » de Gabriel Joispovici à paraître en septembre 2014, une merveille de mécanique littéraire et d’intelligence, musical, jouissif, subtil et délicat, sur ce qu’est la nature de la vérité littéraire.
Et « le Silence » de Reinhard Jirgl en août 2015, livre monstre et prix Büchner 2010 notamment avec « Les Inachevés » et « Renégat, roman du temps nerveux » précédemment publiés en 2007 et 2010.
Entre les deux, en janvier, « Bleu éperdument », douze nouvelles élégiaques, luxuriantes et sauvages de Kate Braverman sur une poignée de femmes perdues à Los Angeles ; et, en mars, « En territoire Auriaba » de Jérôme Lafargue l’enchanteur, un roman qui appelle une suite voir plusieurs, joyeusement foutraques. Et si on peut, « Ô Femmes » de Mihàlis Ganas, un poète grec dont la prose épouse la femme dans sa multitude.

7/ Quel(s) texte(s) auriez-vous voulu publier?
Récemment, « Eloge des voyages insensés » de Golovanov (Verdier), livre immense. Sinon, Céline et Arno Schmidt.

8/Quel(s) texte(s) êtes-vous fier d’avoir porté?
Presque tous. Mais s’il faut citer, citons : tout BS Johnson, tout Reinhard Jirgl, tout Gabriel Josipovici, « Rome, regards » de Rolf Dieter Brinkmann, « Le Son de ma voix » de Ron Butlin, « La Femme d’un homme qui » de Nick Barlay, « Lithium pour Médée » de Kate Braverman pour ce qui est de la littérature étrangère.
Tout Jérôme Lafargue, tout Romain Verger, « Liquide » de Philippe Annocque, « La Persistance du froid » de Denis Decourchelle, « L’Engendrement » de Lionel Bourg, « L’Ombre des montagnes » de Marie Frering, « Irène, Nestor et la Vérité » de Catherine Ysmal pour ce qui est de la littérature française.
Et si parmi ceux-là, certains ont été des échecs commerciaux retentissants, l’avenir leur appartient parce que leurs lecteurs sont encore à venir. Ceci dit, on ne renie rien de ce qui a vu le jour sous notre enseigne quand bien même le temps viendrait éclairer certaines faiblesses du catalogue.

À propos Ted

Ted
Fondateur, Chroniqueur

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