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Hiro Arikawa – Les mémoires d’un chat

Voyager dans le temps et l’espace du Japon contemporain à travers les mémoires d’un chat : le premier roman de Hiro Arikawa chez Actes Sud.

Percuté par une voiture, un chat sans nom rampe jusqu’au pied de l’immeuble de ce jeune homme « dingue de chats » qui a pris l’habitude de le nourrir tous les jours. Une magnifique histoire d’amitié née entre Nana, « sept » à cause de la forme de sa queue qui croche les petits bonheurs et Satoru, son sauveur.

Après plusieurs années de vie commune, Satoru doit, pour des raisons personnelles, se séparer de son plus fidèle ami. Débute alors un long périple à travers les souvenirs du jeune homme, la visite d’amis d’enfance susceptibles d’accueillir Nana, de la grande Tokyo au mont Fuji en passant par la campagne reculée… Mais Nana n’est pas prêt à abandonner Satoru et entend bien le suivre jusqu’au dernier voyage…

Si nous n’étions pas partis en voyage, je n’aurais jamais su ce qu’était la mer. Mon univers est limité à l’appartement de Satoru et un petit bout de territoire. Relativement grand pour un chat, mais minuscule par rapport au vaste monde.

Combien de paysages existent en ce monde qu’un chat ne verra jamais ?

A travers les yeux de ce chat sage, intelligent et empathique, le lecteur est invité à sonder la complexité des rapports humains, les problématiques sociales du Japon contemporain et la puissance du lien entre l’Homme et l’animal. Ainsi, dans ce périple, il croise des enfants abandonnés par des parents trop soucieux de leur carrière ou incapables de se dégager de l’emprise du pater familias mais aussi de très belles histoires d’amitié. En parallèle, le lien qui unit l’animal et l’Homme apparaît plus pur, dégagé de ces emprises familiales. C’est pourtant autour d’un chat que chacun fera la paix avec ses remords ou ses regrets. Les jeux de narration, les pensées de Nana, les points de vue des amis d’enfance de Satoru, les flash back à la troisième personne, font du lecteur ce chat silencieux et observateur qui s’invite dans l’intimité des vies qu’il rencontre.

Ils en étaient arrivés à se disputer pour savoir qui devait s’occuper de leur fils comme s’il avait été une patate chaude à se refiler, et l’ambiance à la maison était devenue de plus en plus pénible, sous prétexte d’être trop absorbés par leur travail.

Bouleversant, drôle, poétique, Les Mémoires d’un chat est le livre à emporter dans sa valise pour toute retraite introspective.

Hiro Arikawa, Les Mémoires d’un chat, trad. de Jean-Louis de la Couronne, Actes Sud, juin 2017, 325 p.

 

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