Accueil » Comics/BD/Manga » Zerocalcare- Oublie mon nom

Zerocalcare- Oublie mon nom

Zerocalcare revient aux côtés des éditions Cambourakis avec Oublie mon nom, bande-dessinée intime et marquée par un pur talent. Auteur très populaire dans son pays natal, le jeune italien a fait parler de lui grâce à son reportage graphique Kobane Calling, suivi d’Imbroglio, qui reste dans la continuité de son intérêt pour la situation politique syrienne.
La sensibilité, la justesse de ses propos et son style décalé sont toujours présents dans ce dernier ouvrage, mais cependant il se lance dans un récit on ne peut plus personnel et intimiste.

En effet, Oublie mon nom soulève un pan des mystères de sa famille, remués suite au décès de sa grand-mère. Emporté dans un tourbillon émotionnel, Zerocalcare va devoir faire face à des questionnements qui le taraudent depuis son enfance, à des doutes, de la peur et du chagrin, mais aussi à l’impact de la mort sur lui-même et surtout sur son entourage.


Remontant le cours de ses souvenirs, Zerocalcare va mettre le doigts sur des incohérences et tenter d’alléger le trop lourd fardeau des non-dits. Dans l’appartement de sa grand-mère à présent sensiblement omniprésente de par son irrémédiable disparition, il se replonge dans ses souvenirs. En retraçant son cheminement propre, il va prendre conscience de la fragilité de sa mère, de la maladresse de son père face au deuil et donc de l’aspect humain et sensible de ces parents qu’il pensait pourtant inébranlables.
La remise en question de ses appuis et de ses acquis marque le passage de l’adolescence à l’âge adulte pour lui, qui pour se rassurer va mélanger faits réels et fantasmagories, nous dévoilant ses origines tout en conservant ce style humoristique décalé qui caractérise tant son travail. En faisant le point sur trois générations, il invoque son imagination débordante afin de s’expliquer des vérités parfois trop compliquées à percevoir.

Faisant écho aux ressentis qui sommeillent en chaque individu, Zerocalcare fait vibrer la corde sensible que l’on tente tant bien que mal de cacher sous des  certitudes que l’on sait fragiles. Avec le parcours de sa relexion mêlé à cette autodérision si caractéristique, il réalise une autobiographie introspective subtile et hypersensible d’une intelligence percutante. Il utilise des références issues de la Pop-Culture, des films et des dessins animés de son enfance mais joue aussi sur cette particularité qu’il a de scinder ses proches en deux groupes: ceux aux traits humains qui lui sont complices sans être ancrés à son enfance (ses amis, sa famille éloignée et même sa propre personne) et ceux à l’allure anthropomorphique qui lui sont indispensables (ses parents et sa grand-mère notamment). Cette utilisation du concret et de l’imaginaire appuie encore plus les propos de cet ouvrage oscillant entre passage de la rêverie rassurante de l’enfance à la dureté de l’âge adulte .

C’est courageux de la part de Zerocalcare d’aborder le sujet si délicat de la mort d’un proche, et il en développe une telle analyse de lui-même et des rapports humains que la lecture d’Oublie mon nom provoque des questionnements personnels et un remue-ménage sensitif et philosophique comme il est rare d’en ressentir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Editions Cambourakis
Traduit de l’italien par Brune Seban
240 pages
Caroline

À propos Caroline

Caroline
Chroniqueuse

Vous aimerez aussi

Vanna Vinci Frida Kahlo

Vanna Vinci- Frida, Petit journal intime illustré

Figure tapageuse, controversée, à la vie teintée par la soif de vivre et la souffrance, …

Laisser un commentaire

Powered by keepvid themefull earn money