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Brian Evenson – La langue d’Altmann

La langue d'altmannBrian Evenson est dégueulasse !
La preuve en est avec ce recueil de nouvelles « La langue d’Altmann », au programme : du meurtre, du suicide, du démembrement, des yeux qui tombent, de la chair en décomposition, des enfants et nourrissons morts j’en passe et des meilleures. L’ambiance est poisseuse, lugubre, lourde, sombre et malsaine. Une réelle sensation de visiter le rayon boucherie de votre supermarché préféré, mais avec les frigos en panne.
Mais c’est tellement bien écrit, intense, et tellement bien traduit par Claro, que l’on ne décroche pas jusqu’à la dernière page. Tout en images, alternant les styles, jouant sur la forme et variant la longueur de chaque histoire, tout est fait pour nous mettre mal à l’aise à la lecture de ce livre, mais totalement accroc.

Cependant la qualité des nouvelles est assez inégale, il y a du bon et même du très bon mais aussi certaines sont assez ennuyeuses. Un trio se démarque très nettement à savoir le très kafkaïen « Fenêtre de Munich », qui est définitivement ma préférée, la trilogie de « Bosephus » (Une mort lente, Extermination et Usurpation) où l’on dépasse littéralement les limites du grotesque et le Roadtrip « Elle : ses autres corps : un récit de voyage » qui m’aura achevé. Il s’agit, chronologiquement, du tout premier livre qu’a édité Brian Evenson et nous découvrons déjà tous ses thèmes de prédilections qu’il développera par la suite dans Contagion, Inversion, Père des mensonges, Baby leg ou bien encore l’exceptionnel Confrérie des mutilés.

Pour enfoncer un peu plus le clou, je me dois de vous parler de la controverse qu’il y a eu lors de la publication de ce livre au Etats-Unis. Brian Evenson était un membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Les mormons), Il enseignait également à Brigham Young University où une étudiante s’est plaint du caractère « choquant » des nouvelles de Brian Evenson . Malgré les explications d’Evenson sur les raisons des sujets abordés dans la « La langue d’Altmann » (il voulait forcer les lecteurs à tirer leurs propres conclusions sur la moralité de la violence) il reçu un avertissement de la part de son université et on le menaça de plus lourdes répercussions s’il s’obstinait à écrire dans le même style. Brian Evenson démissionna de l’université où il enseignait et quitta l’église mormone.

A ne pas mettre entre toutes les mains, tout comme la plupart des romans publiés dans la collection « Lot49 » chez le Cherche Midi, ce livre n’est pas facile d’accès, mais saura satisfaire tout amateur de littérature moins formatée et moins téléportée. Outre le fait de l’imagerie violente et glauque, l’auteur possède un style assez original, un sens de l’intrigue tout bancale mais qui marche à chaque fois et puis surtout une écriture complètement jubilatoire.

Le Cherche Midi (collection Lot49)
290 pages

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Ted

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Fondateur, Chroniqueur

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