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Adrien Lafille

Entretien avec Adrien Lafille

À l’occasion de la sortie de La transparence aux Éditions Vanloo, deuxième roman d’Adrien Lafille, nous interrogeons l’auteur sur son rapport à l’écriture et à la littérature. Après Milieu, il revient avec un texte encore plus étonnant. Dans cet entretien, Adrien Lafille évoque ce qui fonde l’originalité de son écriture et ses influences.

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Milieu est votre premier roman. On ressent à sa lecture que vous avez une vision particulière de la littérature et notamment de la construction d’une histoire. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez commencé à écrire. Quel chemin s’est dessiné dans l’élaboration de votre écriture ?

Le livre m’intéresse d’abord comme une sorte d’objet, un livre fermé est un objet solide, même un livre de poche souple, et l’intérieur du livre est un endroit très vaste, même lorsqu’il a peu de pages. C’est ça, même si ça paraît sommaire, qui m’a fait écrire, j’ai tout de suite vu l’écriture comme un livre, avec l’idée de donner une solidité au texte. Les livres qui m’intéressaient étaient les romans, les essais, les livres d’art au sens large et notamment ceux de photographes. Mais le roman était le seul type de livre qui me semblait possible à faire, je n’y ai pas réellement réfléchi.

Lorsque j’ai commencé à écrire Milieu, j’ai tout fait pour ne pas élaborer d’écriture, en restant assez simple, en conservant parfois des problèmes d’écriture, des maladresses dues au fait que j’écrivais la nuit. S’il y a une élaboration, elle est plutôt négative, j’exclue des éléments, les comparaisons par exemple, ou l’utilisation d’un vocabulaire complexe, je fais avec peu, l’environnement n’est pas détaillé au-delà de ses grands éléments, la forêt, la montagne. Par contre j’accorde de l’importance au rythme, celui du récit, mais aussi celui des phrases en elles-mêmes. C’est comme si j’essayais de faire une ligne d’images, mais avec du texte.

Quelle autre dimension littéraire ou extra-littéraire permet cette conception très visuelle de l’écriture ? Est-ce un souhait de s’éloigner de la posture de l’écrivain et des clichés littéraires pour emmener l’écriture dans un autre domaine de création ?

Ce que j’aime avec l’image c’est le côté direct, il y a quelque chose d’immédiat, surtout dans deux médiums d’image : la photographie le cinéma. L’image exclue ce qui n’est pas dans le cadre, on peut imaginer ce qui est dehors, même sans le vouloir, mais on ne le voit pas. Ça m’intéresse car je conçois mes textes par exclusion, je mets une barrière entre ce qui est dans le texte et ce qui n’y est pas, je cadre le texte pour lui donner une solidité, c’est-à-dire pour le faire devenir un livre. Bien sûr, c’est évident qu’un texte emprunte des choses qui lui sont extérieures, il ne peut pas sortir de nulle part. Mais j’essaye de faire en sorte que ce qui existe dans le livre n’existe que dans le livre, je veux qu’il y ait une fermeture avec l’extérieur.

Adrien Lafille
Couverture de Maxime Sudol

Je ne sais pas si ce que j’écris tend vers un autre domaine de création, si c’est le cas j’en suis heureux. Milieu reste par contre vraiment un roman, qui vit à côté des autres romans, il est inscrit là, je n’ai pas pensé à cette inscription en l’écrivant mais elle existe. On ne peut donc pas vraiment dire que ce soit un souhait, c’est juste comme ça que je travaille et c’est aussi la sensation que j’ai eu avec des œuvres que j’aime, sensation à la fois de fermeture, et à la fois que quelque chose est très proche de nous, comme si la distance avec le récit, en fait, rapprochait le récit.

On a parfois catégorisé Milieu dans la poésie contemporaine. C’est sans doute parce que les Éditions Vanloo éditent aussi de la poésie mais pas seulement. Elle est parfois un espace fourre-tout où des formes plus radicales se logent. Quel rapport entretenez-vous avec ce genre littéraire et acceptez-vous ce rapprochement ?

Si on cherche à catégoriser Milieu, il me semble que c’est un roman court, une novella comme on dit parfois, un déroulé narratif, une histoire. Par contre la poésie a eu un rôle, notamment les poètes contemporains les plus francs. Milieu ressemble aux romans classiques que je lisais enfant, avec une narration simple, un début, des péripéties, une fin, tout en n’y ressemblant pas du tout, et ça je le dois à un certain type de poésie qui m’a donné l’élan pour écrire, qui a donc un rôle très important. Même mes textes qui s’apparentent le plus à de la poésie, je les vois toujours comme des histoires.

Il y a des récits antiques qui sont à la fois des histoires, à la fois de la poésie, à la fois de la théorie, les limites entre genres sont floues, ça me plaît. Les frontières sont déplacées, chez moi en tout cas, par des lectures théoriques, par des répliques de films, des romans, des travaux non discursif de plasticiens, d’architectes, etc. Ça déplace, et surtout ça fait de petits trous dedans, ça donne de de la porosité. Je prends ce qui me fait écrire, parfois c’est de la poésie, le plus souvent ça vient d’autres domaines. Si on va chercher dans ce qui est trop proche, on tourne en rond, pour autant il faut rester dans ce qu’on fait, c’est une difficulté avec laquelle je travaille.

Un rapport très direct à certaines choses du monde plutôt qu’au monde dans sa globalité. Quand je parle de brillance, de lumière, c’est pour évoquer une sorte de clarté, écrire est pour moi synonyme de faire, au sens du geste.

Vous avez lancé une revue qui s’intitule Confiture et qui propose des histoires. Pourquoi avoir créé Confiture qui est d’ailleurs une petite revue ayant une importance autant esthétique que littéraire ?

Le but de la revue Confiture est de tester cette idée qui me préoccupe, celle de la fermeture des histoires sur elles-mêmes. Je demande aux participants et participantes d’écrire une histoire fermée, avec un début et une fin. Cette contrainte-là, la petite taille aussi (un peu plus d’une trentaine de lignes), fait écrire des textes compacts, qui ne débordent pas d’eux-mêmes et qui sont riches, dans le sens où ils contiennent à chaque fois beaucoup d’éléments. Pour le numéro 04, j’ai essayé un double, avec deux autrices, des textes deux fois plus petits que les autres numéros, dont un rêve, c’est un type très important d’histoire, et qui malgré leur taille contiennent plein d’idées, ça montre bien qu’il n’y a pas besoin de longs textes pour les multiplier.

Aussi, on peut travailler ensemble, celles et ceux qui écrivent proposent les textes à différents états parfois, on discute, ou on me dit de choisir parmi plusieurs tentatives, c’est intéressant et différent avec chaque personne, je choisis plutôt des personnes dont j’aime les textes, qui ensuite écrivent le texte. Et puis il y a le côté plastique de l’objet oui, c’est l’idée encore de faire le maximum avec peu, c’est juste une page A5 pliée en deux. Comme je disais j’aime le livre en tant qu’objet, là ce n’est pas un livre, plutôt un petit objet qui se lit. Le travail sur la forme correspond au travail des auteurs et autrices sur les textes, le lien entre minimum et maximum. Le papier est brillant car tous les textes que j’ai aimé lire renvoient une sorte de lumière, à leur façon, je ne sais pas comment dire.

Cette envie de proposer des objets littéraires qui brillent est-elle une manière de se défaire de l’image sobre que revêt parfois la littérature, qui doit se faire discrète et élégante ? La pudeur de la littérature est-elle selon vous une forme de snobisme ?

Adrien LafilleCe n’est pas vraiment une volonté de se détacher, s’il y a un détachement par l’esthétique c’est plutôt un résultat. Pour ce qui est du lien entre pudeur et snobisme, je ne crois pas qu’on puisse généraliser, j’aime certaines choses pleines de pudeur, par contre si la pudeur est seulement une posture, ça pose certainement un problème.

Dans Milieu et dans vos propos, comme ce besoin de lumière, il y a chez vous un rapport très concret au monde. L’écriture vous permet-elle de développer cela. Est-ce que la littérature telle que vous la concevez incite à vivre pleinement ?

Un rapport très direct à certaines choses du monde plutôt qu’au monde dans sa globalité. Quand je parle de brillance, de lumière, c’est pour évoquer une sorte de clarté, écrire est pour moi synonyme de faire, au sens du geste. Dans Milieu, des situations sont fabriquées, les actions sont simples et claires, elles sont cette espèce de lumière. Tout ça est plongé dans une sorte de substance, qui est notamment l’action du milieu sur les personnages, leur milieu c’est ce qu’elles parviennent à percevoir de ce qui les entoure. À la fois j’essaye que le récit soit très vrai, très direct, mais je n’écris pas pour me lier au monde. On est déjà lié au monde, même dans la difficulté et la douleur, on y est lié, on ne peut pas y être lié plus ou moins en quantité, même quand on s’isole on est dans le monde.

On peut travailler ce lien par contre, le transformer, mais ce n’est pas vraiment l’objet de ce que j’écris. Voilà des personnages et voici leur vie pendant le temps du livre, c’est ça que je fais, et j’essaye que ces vies soient vraies et justes. Aucun rapport particulier à la vie n’est incité dans Milieu, ni dans aucun de mes textes, il y a seulement des personnages qui sont en rapport avec ce qui les environne. Je n’incite personne à vivre d’une manière donnée par l’écriture. Ce serait quitter le livre, et ce serait aussi une forme de morale, ce n’est pas mon rôle.

Est-ce que vous pouvez citer les auteurices qui ont influencé votre travail ? Vous avez dit que vous vous intéressiez particulièrement à l’objet livre, peu importe le genre. Quelles sont les livres qui ont marqué votre rapport à l’écriture ?

Voici en vrac quelques livres, auteurs, autrices, très importants pour moi, qui m’ont aidé, ce sont ceux qui me viennent mais il y en a beaucoup d’autres : Don Quichotte de Cervantes, L’opoponax de Monique Wittig, Vies et doctrines des philosophes illustres de Diogène Laërce, Le bonheur de la nuit d’Hélène Bessette, les livres de Claude Closky (plasticien travaillant avec le texte, des listes, compilations), The new Industrial Park near Irvine, California de Lewis Baltz (photographe qui s’est intéressé à la construction de lotissements). Charles Pennequin, Christophe Tarkos. Et aussi Gertrude Stein de façon générale, bien sûr.

La lecture de Milieu rend évident l’influence de Gertrude Stein. Pouvez-vous expliciter comment cette grande figure de la littérature vous a influencé ?

Elle m’a influencé dans le rapport de ses personnages aux choses, elle parle de mutations perceptive très simples, c’est ça qui m’a toujours touché. Par exemple chez elle un petit carré d’herbe n’est au départ rien d’autre qu’un petit carré d’herbe, mais quand celui qui le regarde est amoureux, le carré d’herbe devient “tout rempli d’oiseaux et d’abeilles et de papillons”.

La perception fabrique parfois le monde chez elle, c’est quelque chose que je trouve très juste. Dans Ida, elle donne une importance aux poiriers, mais pas en les décrivant, en donnant des détails ou quoi que ce soit, mais juste parce qu’un acte particulier a été fait au pied d’un poirier à un moment donné, elle le fait de façon très simple, très évidente. Et puis, elle ne discute pas, elle énonce de façon nette.

Vous signez durant cette rentrée votre deuxième roman intitulé La transparence. Pour les lecteurices de Milieu, on retrouvera un style beaucoup plus affirmé, avec notamment des phrases courtes. L’ensemble semble beaucoup plus dense, il y a plus de personnages et de lieux. Souhaitiez-vous rendre plus compact votre écriture avec ce roman ?

Les conditions d’écriture ont été très différentes, Milieu a été écrit pendant la nuit à des moments où j’avais du mal à rester éveillé, d’où des phrases au rythme un peu perturbé. Pour La transparence, l’écriture s’est faite le soir, plus tôt, la fatigue intervenait beaucoup moins, d’où peut-être une précision plus grande.

Les parties sont écrites comme des séquences de film, parce que je suis beaucoup parti du cinéma, les phrases courtes sont venues d’elles-mêmes, certainement pour la précision qu’elles donnent. L’idée est que chaque partie soit un bloc agissant comme la continuité du reste, qui n’est tout à fait compréhensible que dans le contexte global du livre, mais qui soit aussi isolé des autres, c’est ce que je veux dire par séquence. Cette idée de bloc rejoint certainement celle de compacité. Pour ce texte ça s’est fait de cette façon, mais dans ce que je travaille en ce moment les phrases ont tendance à se rallonger.

On entend dans votre réponse que l’écriture est influencé selon les conditions dans laquelle elle s’exerce, est-ce important pour vous ?

C’est vraiment une question délicate car je veux que mes histoires soient le moins autobiographiques possibles. Je pense que les conditions au sens large (lieu, lumière, état physique ou psychique, etc.), ne doivent pas envahir le texte, mais c’est évidemment impossible de s’en défaire tout à fait, alors je les laisse intervenir. Un peu comme les conditions d’un tournage, s’il fait très froid sur un plateau ou que les acteurs sont épuisés, ça change tout.

Cela peut aussi être un moyen de faire évoluer son travail comme ici avec ce nouveau roman. Pensez-vous que vous auriez écrit un texte plus similaire à Milieu si les conditions étaient réunies ? Ou est-ce que cette évolution est inévitable voire même souhaitable ? Pour celui ou celle qui lit, on découvrira avec La transparence une autre facette de la qualité de votre travail, une facette plus radicale et d’autant plus envoûtante.

Ça je ne sais pas vraiment. Mais oui, je pense que l’évolution est inévitable, sans parler de chamboulement, parce qu’on dessine autant qu’on suit une sorte de ligne cohérente. Entre Milieu et La transparence il y a une continuité assez claire, même si à la lecture les textes sont bien différents.

Comment est venue l’idée de placer l’action de La transparence dans une ville pavillonnaire  ? Cela apporte une touche beaucoup plus réaliste que dans Milieu.

Pendant la journée, il y a souvent très peu de monde dans les quartiers pavillonnaires, lorsque quelqu’un passe on le voit tout de suite. Comme ce livre est fait de personnages isolés, qui surgissent à chaque chapitre (chapitres souvent dédiés à l’un d’entre eux et elles), alors ça me semblait être le type de lieu qu’il fallait. C’est donc un environnement sur lesquels les personnages peuvent se détacher, tout en étant assez dense pour qu’ils puissent vivent à proximité les uns des autres, qu’ils se connaissent, parce que ce livre est un maillage, chaque personne est reliée à chaque autre.

Adrien Lafille
Couverture de Maxime Sudol

Et dans ce livre, les liens entre les personnages sont très importants, ils sont plutôt nombreux, une trentaine, ils ont un moment qui leur est dédié, la description d’une action, d’une habitude, d’une relation avec quelqu’un d’autre. Tout cela est pris dans un déroulé linéaire qui se déroule sur quelques jours, chaque personnage est une durée, les évènements transforment leurs ressentis, il y a un moment de silence, un dimanche sans réveil, le vent s’arrête, la tempête de la ville d’à côté ne touche pas celle dans laquelle on se trouve, ça change les personnages.

Les histoires de La transparence forment à nouveau une littérature très visuelle. Pour autant, vous n’écrivez pas pour créer des images avec une langue lourde de sens à la Gracq ou à la Michon. La transparence peut-elle se concevoir comme une tentative de libérer la littérature de tout asservissement à d’autres arts, ni aussi narrative que le cinéma ni purement visuelle comme les arts plastiques ?

Je ne suis pas sûr qu’on puisse dire ça, d’autant que je ne reste pas enfermé dans la littérature pour écrire, je vais chercher des choses chez des plasticiens, dans le cinéma, dans des paroles de chansons, etc. Par contre j’essaye de faire que le texte se contente d’être ce qu’il est, qu’il ne donne pas son avis sur les choses qui lui sont extérieures, qu’il n’y ait pas de métaphores, et s’il y a des images, elles ne symbolisent rien, elles sont ce qu’elles sont.

Ou même, si jamais ce ne sont pas des images (ce qui est possible car une image ce n’est pas du texte, une image ne se lit pas), il y a en tout cas du visuel, utilisé comme lien entre des éléments. Par exemple les couleurs qui traversent le livre, elles rassemblent tous les moments où la couleur intervient, ça donne un réseau, mais elles n’ont aucune fonction symbolique.

ll y a aussi dans La transparence des phrases pouvant se rapprocher de réflexions philosophiques et notamment métaphysiques. Y avait-il cette volonté de faire émerger des réflexions de ce type et d’où viennent-t-elles ?

Le texte est assez imprégné de ça parce que j’ai étudié la philosophie. On y trouve souvent l’idée de traversée, qu’est-ce qui traverse le monde, que ce soit une substance, la structuration sociale, la perception, etc. et la transparence est une sorte d’idée, de cette même façon, qui traverse tout le livre, sans se montrer tout à fait, c’est ce dans quoi les personnages sont plongés, quelque chose qui les touche en permanence, qui le relie, qui les fait agir.

Ça vient d’écrits philosophiques anciens, considérés comme dépassés, parfois plus récents et moins dépassés. Il y a de très belles phrases dans ce type de livres, très affirmées. Mais dans le cadre de La transparence, tout ce qui se joue à ce niveau ne concerne que le texte en lui-même et sa structure, il n’y a pas vraiment de réflexion donnée sur ce qui se trouve en dehors. Ce qui me plaît avec les formules métaphysiques c’est qu’elles permettent aux personnages d’affirmer leurs perceptions.

Un livre qui récite ce qui est en dehors de lui ne fait pas de lien avec ce qui lui est extérieur, on pourrait même dire qu’il n’a pas d’intérieur. Un récit fermé essaye de laisser l’extérieur de côté, ce qui fait que si on veut faire le lien, avec d’autres livres ou n’importe quoi d’autre, ce sera un peu plus dur, mais ces liens, il faudra les fabriquer, puisqu’ils n’existent pas tout à fait.

Finalement, La transparence, comme l’était Milieu, est d’abord un livre qui s’ouvre se lit et se referme. Est-ce aussi simple que cela ?

L’expérience de lecture est certainement très différente mais il y a quelque chose de ça oui, ce qui est dans le livre est dans le livre, ce qui n’est pas dans le livre n’est pas dans le livre. J’espère qu’on peut faire et penser des choses à partir de cette lecture, même si je ne sais pas quoi exactement. En fait, mon idée est que moins une histoire appelle ce qui ne lui appartient pas, et plus elle aura un lien fort avec ce qui l’entoure, car la qualité du lien sera différente.

Un livre qui récite ce qui est en dehors de lui ne fait pas de lien avec ce qui lui est extérieur, on pourrait même dire qu’il n’a pas d’intérieur. Un récit fermé essaye de laisser l’extérieur de côté, ce qui fait que si on veut faire le lien, avec d’autres livres ou n’importe quoi d’autre, ce sera un peu plus dur, mais ces liens, il faudra les fabriquer, puisqu’ils n’existent pas tout à fait. Et ce qui donne lieu à de la fabrication, c’est ça qui m’intéresse. Encore une fois, j’ai bien en tête qu’un texte est aussi le résultat de ce qui n’est pas à l’intérieur de lui.

Il faut peut-être attendre les retours ou bien des potentielles rencontres avec les lecteurices de La transparence et/ou de Milieu ? Avez-vous déjà des projets de lectures, d’écritures ou bien des incursions dans un autre domaine que la littérature ?

Ce sont les lecteurs et lectrices qui feront vivre les livres en tout cas. Je viens juste de commencer un autre roman, il s’appuie sur une carte que je dessine au fur et à mesure, en octobre je serai d’ailleurs en résidence dans le sud pour travailler ce texte. La sortie de La transparence sera l’occasion de présentation en librairie et lectures, à Liège, Paris, dans les environs d’Aix-en-Provence. En ce moment je tente des narrations sur un mode plastique aussi, mais il y a encore beaucoup de travail.

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Milieu et La transparence sont publiés aux Éditions Vanloo. On peut s’abonner à la revue Confiture pour 6 numéros aux prix de 22 euros (frais de port inclus).

Adrien Lafille sera le mercredi 21 septembre à la librairie Exc (Paris, 3e arrondissement) et le vendredi 21 octobre à la librairie l’Hydre aux mille têtes (Marseille). Il sera en résidence à à l’espace Les nouvelles hybrides à La Tour d’Aigues (Vaucluse) durant laquelle il fera un atelier d’écriture le 5 octobre à la médiathèque les Carmes (Pertuis) et une rencontre le mercredi 19 octobre à la librairie La rumeur des crêtes (Cadenet)

Adrien

Image du bandeau : © DR

 

À propos Adrien

Passionné de poésie contemporaine et attaché à l'écriture sous toutes ses formes, engagée ou novatrice.

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