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Cormac McCarthy – Un enfant de dieu

23444_1092309« Il est petit, crasseux, mal rasé. Il se déplace dans la balle sèche au milieu de la poussière et des lames de soleil avec une brutalité contenue. Du sang saxon et celte. Un enfant de Dieu sans doute comme vous et moi. »

Lester Ballard va me hanter pendant un moment, ce sociopathe qui prend le chemin inverse de l’évolution, choisissant, petit à petit, la vie d’Ermite à celle de la ville. Dans un coin de l’Amérique profonde où nous suivons le quotidien du personnage principal, la montée en puissance de sa folie, son inadaptation sociale, ses obsessions de plus en plus morbides, mais également le quotidien d’une petite ville américaine et de son shérif.

« Vous pensez qu’à l’époque les gens étaient pires qu’ils ne sont maintenant ? dit l’adjoint.

Le vieil homme contemplait la ville inondée.

Non, dit-il. Je pense que les gens n’ont pas changé depuis le jour que le bon Dieu les a créés.

Cormac McCarthy m’a toujours fasciné par sa prose, son goût pour ce qu’il y a de plus sombre dans l’homme et ses univers colorés mais tellement passés en machine que l’on n’a plus que des nuances de gris, les frontières se meurent, le gentil et le méchant en général se confondent. Lester Ballard peut être attachant par certains aspects mais horriblement repoussant par d’autres, un équilibre fonctionne et finalement reflète très bien la vie au quotidien. Car plus qu’un romancier McCarthy reste un témoin de son époque et de la petite histoire qui a fait l’Amérique.

Sombre et violent, radical et hypnotique, par bien des aspects Un enfant de dieu est un roman fascinant, les personnages, les descriptions, l’ambiance, le format et les chapitres courts contribuent à créer un univers fort et riche. James Franco a réalisé une adaptation du livre pas encore sortie en France, attendons de voir s’il arrive à être aussi génial que le roman de McCarthy

Pour les plus curieux d’entre vous il y a un autre auteur qui arrive à rivaliser avec McCarthy avec un premier roman « le diable tout le temps » à savoir Donald Ray Pollock, d’ailleurs Jérémy l’a chroniqué pour le webzine.

Éditions Seuil ou Point suivant la pochette que vous préférez

169 pages

Ted

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Fondateur, Chroniqueur

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