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La belle mort – Mathieu Bablet

C’est la fin du monde tel que nous le connaissons. L’invasion d’insectes extraterrestres a ravagé l’humanité. Soham, Wayne et Jérémiah font partie des quelques survivants. Leur quotidien est rythmé par la recherche des ressources nécessaires à leur survie et l’espoir de n’être pas les derniers hommes. Immeubles ruinés, routes défoncées, humanité dévastée, voici le tableau post-apocalyptique que dépeint Mathieu Bablet dans lequel avancent et s’enfoncent ceux qui ont choisi de se battre pour survivre.

C’est un jour comme les autres lorsque les trois compagnons aperçoivent sur le flan d’un immeuble un long drap blanc sur lequel est écrit « En vie ». Un autre survivant ? Impossible, c’est ce que la dure réalité leur murmure. Mais après tout, qu’est-ce cela leur coûte d’aller vérifier ? Rien qu’un petit détour au sein d’une vie sans tracé…Or, ce qu’ils vont y découvrir va les changer à jamais, métamorphosant leur survie en destinée.

mathieu bablet

Le trio est solidaire mais les questions existentielles qui agitent Wayne deviennent vite trop oppressantes. Pourquoi continuer à vivre ? Mais…est-ce encore vivre ? Et si j’appuie sur la détente, le cauchemar s’arrêtera, pas vrai ? Si l’album interroge l’absurdité de la condition humaine, il laisse surtout la part belle à un univers horrifique et onirique où les illustrations sont de vraies prouesses techniques. Maitresse de l’illusion, l’image photographique par sa composition nous plonge au cœur de ce monde ravagé. L’immersion est totale.

mathieu babletLa belle mort est d’une vraie beauté visuelle. Et dire que le jeune Mathieu Bablet signe alors sa première bande-dessinée ! Les couleurs fondent l’ambiance, page après page, les planches se teintent de vert, de bleu, de mordoré. Chaque planche est d’une telle minutie esthétique, c’est un pur régal pour les yeux. Les toutes dernières illustrations sont définitivement les plus puissantes, lorsque la faune et la flore reprennent leurs droits et que ces deux êtres se tiennent devant cette renaissance.

J’aurais néanmoins aimé en découvrir davantage sur les personnages, les quelques flashbacks insérés au cœur du récit sont de vrais délices qu’il aurait peut-être fallu exploiter sur plusieurs tomes, ou peut-être pas après tout car qui sait, est-ce vraiment raisonnable de vouloir modifier sa destinée ?

 

 

mathieu bablet Ankama Éditions – Label 619

142 pages

Lucie

 

À propos Lucie

Chroniqueuse

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