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Magnus Mills – Sur le départ

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On peut vouloir prendre le large de temps en temps. Voyager est une envie très fréquente chez l’Homme. On peut se préparer à un long voyage en se coupant du monde, en s’isolant dans un camping hors saison, histoire d’être sûr qu’il n’y aura personne, que l’on ne va pas être dérangé et que l’on pourra se recentrer un peu sur soi avant d’entreprendre son périple. Notre protagoniste lui voulait partir en Inde, mais avant cela il avait prévu un petit arrêt dans un camping, juste sa tente, sa moto et rien d’autre. Lake district, le charme du pays, le lac avec ses barques, les habitants sympathiques, ses deux pubs… et Tommy Parker, le sinistre propriétaire du camping qui lui met vite le grappin dessus en lui imposant, tout en finesse, un tas de corvées toutes plus absurdes les unes que les autres. Vous savez peindre ? Vous savez couper du bois ? Vous sauriez retaper des barques ? Pourquoi cet acharnement pour la peinture verte ? Esclavage passif ? S’intégrant petit à petit à la communauté et à la vie du village voisin, joignant l’équipe de fléchette, donnant un coup de main à la jeune et séduisante fille de M.Parker pour ses devoirs. Le voilé, lui le pauvre narrateur, emberlificoté dans une sommes de tâches qu’il n’a pas, mais alors vraiment pas du tout vu venir. Arrivera-t-il à partir en Inde ?

Ce qu’il y a de magique avec Magnus Mills c’est que son livre respire l’Angleterre et plus particulièrement la campagne anglaise, à n’importe quel passage du livre, vous ne pouvez pas vous tromper, les images sont bien là présentes dans votre tête, l’univers est extrêmement bien travaillé à tel point que l’on pourrait presque faire une carte exacte du lac et de ses environs. Le second point fort de ce bougre de Magnus Mills est l’humour “So British”, cet humour absurde et qui n’a de limite que l’imagination de l’auteur. Le narrateur se retrouve dans une situation totalement grotesque mais ne réagit pas à un seul moment, ne se pose même pas la question de savoir à quoi on joue avec lui… Et ça marche ! Les ficelles sont tellement grosses, les situations arrivent à chaque fois avec des gros panneaux de pré-signalisations avertissant le narrateur et il se les prend en pleine poire, mais à aucun moment le lecteur ne va penser que l’auteur se moque de nous. Au contraire ! Vous n’allez souhaiter plus qu’une chose, une nouvelle corvée, une nouvelle tâche à accomplir histoire de voir jusqu’où il va encaisser tout ça, puis entre nous le dénouement vaut son pesant de cacahuètes, suivez la peinture verte !

En 2013 la “comédie British de l’année” n’est pas cinématographique mais littéraire avec cette réédition par l’excellente maison d’éditions Cambourakis, en proposant une histoire courte, singulière et absurde, débordant d’humour et de campagne anglaise un peu comme ci Stephen Frears avait voulu faire un film avec les Monty Python sur les joies du camping. Un must !

270 pages
Editions Cambourakis
Ted

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Fondateur, Chroniqueur

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