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Nellie Bly _ 10 jours dans un asile

Nellie Bly – Dix jours dans un asile

Nellie Bly, pionnière du journalisme undercover et citoyenne résolument féministe, propose dans ce reportage un regard cru sur l’enfer des asiles de femmes au XIXè siècle. Dès ses débuts et ce malgré les sujets qu’on souhaite lui imposer, elle traite du quotidien des « petites gens », faisant du journalisme d’investigation et de l’infiltration, une pratique efficace permettant de révéler et de faire avancer la société. Ainsi, à la suite de la publication du feuilleton sur les conditions de vie dans les asiles, la ville de New York verra considérablement à la hausse le budget alloué à ceux-ci.

En 1887, Nellie Bly, journaliste de 23 ans au New York World, décide en accord avec son rédacteur en chef, de se faire interner sur l’île de Blackwell, où sont envoyées les femmes jugées démentes. Publié d’abord sous forme de feuilleton, ce reportage dévoile les préparatifs de cet internement, les conditions de vie à l’asile mais surtout la sourde oreille des médecins et infirmières en ce lieu. Tout se passe très vite, en 24h, elle est déclarée folle et embarque pour l’asile de Blackwell. Grâce à une écriture simple et efficace – on n’oublie en permanence que l’auteur couche ce texte au XIXe siècle – Nellie Bly décrit le quotidien de ceux qui sont coincés, qu’ils soient malades, supposés malades ou encore soignants, dans ces asiles. Une fois internée, elle ne simule plus la folie, reprenant son caractère véritable, ce qui convint d’autant plus les infirmières de sa folie.

Je lus sur l’un des murs du pavillon abritant les folles les plus atteintes : « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. » L’absurdité de ce message était trop cruelle. « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance », voilà des mots qu’il aurait davantage convenu de tracer au-dessus des grilles de l’asile.

Entre humiliation, peur, injustice et solidarité entre les femmes internées, Nellie Bly découvre la réalité de ces lieux de perdition. Elle rencontre de nombreuses femmes, loin d’être démentes, et en fait de courts portraits. Elle raconte l’histoire de malentendus, mais également la peur qu’ont toutes ces femmes d’être mélangées à des patientes souffrants réellement de graves troubles psychiatriques. Loin de faire un reportage manichéen, Nellie Bly dénonce un système où tous sont perdus, où l’écoute a déserté, où les yeux sont fermés, la peur régnant sur les lieux.

Pour la première fois, les éditions du sous-sol nous proposent de découvrir les écrits de Nellie Bly en français, deux autres reportages sortiront en 2016. Principale source d’inspiration de la saison 2 d’American Horror Story – Asylum, 10 jours dans un asile est un reportage résolument moderne, on découvre tant un récit historique, une personnalité incroyable qu’une réalité sur la perte d’humanité glaçante.

Nellie Bly - 10 jours dans un asile couverture

Editions du Sous-Sol,
128 pages,
traduction : Hélène Cohen,

Aurore.

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