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Patricia Highsmith – Le journal d’Édith

71MDpmXwajL._SL1227_Imaginez… Vous êtes une jeune femme américaine de la fin des années 50, vous vivez à New-York avec votre merveilleux mari et votre fils et vous vous apprêtez à vivre l’american way of life dans toute sa splendeur en emménageant dans un superbe pavillon en Pennsylvanie, avec jardin, saules pleureurs, blanche barrière et serviables voisins.

Imaginez… Seule toute la journée avec le vieil oncle acariâtre et sénile de votre mari. Votre fils, finalement pas si adorable que ça, oscille entre débilité et méchanceté. Et votre mari… votre beau et merveilleux mari se laisse lui aussi entraîner par l’american way of life en vous quittant pour sa jeune et séduisante secrétaire. Vous gardez, bien sûr, la maison, le fils et l’oncle.

Imaginez… Malgré le départ de votre mari, vous vous accrochez. Votre fils est un roc, il intègre Princeton, fréquente une adorable jeune fille, et les petits-enfants ne devraient pas tarder. Vous vous épanouissez et votre vie, finalement, n’est pas si moche que ça.

Imaginez… Votre mari est parti, votre fils passe ses journées enfermé dans sa chambre à boire, écouter de la musique, ou à traîner en ville et faire vous ne savez quoi avec vous ne savez qui. Le vieil oncle de votre mari, toujours à demeure et fidèle à lui-même, passe ses journées à dormir et refuse de partir en maison de retraite. Vos amis ont pitié de vous, viennent moins, donnent peu de nouvelles.

Prise dans la spirale triste et poussiéreuse de la vie, Édith trouvera, le croit-elle, son salut en mentant à son journal intime.

Et vous, vous choisiriez quelle vie ?

Plus connue du grand public par les adaptations de ses romans les plus célèbres comme L’inconnu du Nord-Express ou Monsieur Ripley (adapté sous les titres de Plein Soleil ou, plus récemment, Le talentueux Mr. Ripley) avec la figure de Tom Ripley, héros récurrent et figure malsaine par excellence, Patricia Highsmith a montré, avec plusieurs romans et une montagne de nouvelles, les faces les plus sombres de l’être humain. Mais n’allez pas chercher de grands criminels sanguinaires dans ses œuvres. Elle sait qu’il n’y a pas besoin d’aller très loin pour trouver la méchanceté, la lâcheté, l’égoïsme et ce que cela entraîne.

Les classes moyennes à aisées américaines ont trouvé chez Highsmith le couteau qui remue la plaie de leur vanité et la recouvre d’une couche de cendres.

Laissez-vous entraîner…

Le Journal d’Édith, Patricia Highsmith

413 pages

Le livre de poche

Marcelline

À propos Marcelline

Chroniqueuse/Co-Fondatrice

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