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Sybilline- Capucine- Jérôme d’Aviau Le Trop Grand Vide d’Alponse Tabouret

Un jour, un étrange petit bonhomme s’éveille au monde, sans savoir qui il est, d’où il vient, ce qu’il fait là. Encouragé à découvrir le monde par le Monsieur qui l’a fait pousser et lui a appris les rudiments de la vie (jongler, faire le poirier et chasser les papillons), il part à l’aventure et découvre de nombreux personnages loufoques et attachants qui l’aideront à grandir.

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Cette BD aux allures de roman graphique, raconte un voyage initiatique d’une manière nouvelle: naïve, tendre, drôle et mélancolique, elle dessine un sourire aux lèvres mais provoque aussi un pincement au coeur. Sans jamais tomber dans le pathos ou le cliché moralisateur, elle nous parle de l’amour, de la solitude et de l’amitié de la plus jolie des façons; avec la franchise et la simplicité des enfants. Grâce à ce parti pris, le lecteur se surprend à réellement s’attacher au petit bonhomme, et à souhaiter qu’il parvienne  à remplir ce trop grand vide qu’il ressent à l’intérieur.

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Le trio gagnant des auteurs, qui se sont déjà réunis pour l’ouvrage collectif Premières Fois, nous sert sur un plateau une leçon de vie à mettre entre toutes les mains. Issus d’un univers enfantin, la tournure du texte et les personnages fil de fer nous content un bout de vie pourtant pas toujours rose. En effet, Alphonse s’amourache de Pénélope, une croqueuse de diamants géante jamais contente, illustration parfaite et acide de la fille-femme capricieuse et superficielle contemporaine. Elle connaitra d’ailleurs un triste sort, morte de satisfaction, étouffée sous une montagne de cadeaux. Au fil de sa quête du bonheur, le jeune Tabouret rencontre aussi un petit être victime sans cesse de combustion spontanée, métaphore de la timidité qui peut isoler et ronger la vie, puis Goisse dont la peur panique le rend méfiant de tout, ou encore Stesse, sorte de chamallow dépressif qui pleure des lacs. Ainsi, chaque personnage se voit être l’incarnation d’un sentiment humain dans son plus simple appareil. Le lettrage de Capucine et la plume de Sybilline font de chaque phrase une citation magique, en parfaite osmose avec les dessins de Jérôme d’Aviau. Celui-ci croque de son trait tout en courbe, simple mais maitrisé, le quotidien d’Alphonse et de ses amis d’aventure, leur apportant des mimiques et des expressions  qui touchent le lecteur en quelques coups de crayons. Aucun phylactère ici, mais une suite  de dialogues et de narration externe, créant une lecture à la dynamique nouvelle et sensible, évoquant une scène de théâtre plus qu’une bande-dessinée. Ce choix de mise en page renvoie aux contes, aux livres pour les plus jeunes où l’image et le texte peuvent se savourer dans leurs intégralités respectives.

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Un livre magique et bourré de sensibilité, qui met en lumière ces questions qui semblent anodines mais qui sont pourtant si importantes le long de la vie; Pourquoi? Comment? Pourquoi je me sens tout seul quand je suis entouré? Comment remplir ce Trop Grand Vide? Avec justesse et humilité, le lecteur adulte se voit replonger dans ses émotions passées, et est invité à conserver cette part d’enfance pour avancer et apprendre tous les jours à être heureux, tout simplement.

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Ankama/Collection Etincelle
184 pages
Caroline

À propos Caroline

Caroline
Chroniqueuse

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