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Christophe Guillemain – L’ enterrement des étoiles

Mnémos propose un premier roman à la couverture somptueuse et énigmatique d’Abel Klaer en ce mois de février. Un mystère qui se renforce à la lecture du quatrième de couverture… Une histoire de fin du monde, une troupe itinérante composée des profils plutôt atypique. Nous sommes face à la pépite de l’imaginaire 2022 de l’éditeur !

Alors que l’oracle de Naacht, la cité des Héritiers, a annoncé au roi Jenophon que la fin est proche, une troupe de spectacle itinérante fait route et soir après soir propose un spectacle tout en artifices. Car il faut savoir impressionner sans utiliser la magie dans un monde ou la sorcellerie est mal vue et contrôlée. Cette troupe atypique cache en son sein quelques monstres de foire plutôt intrigants. Deux enfants atteints d’une maladie les transformants en végétaux petit à petit, un vampire, un bossu, une magicienne. Surveillés de prêt, ils vont particulièrement attirer l’attention à cause de la découverte d’un certain Ylias et sa force surhumaine qui pourrait bien être l’élu qu’attend Naacht…

Un premier roman intéressant par l’univers proposé et son gros travail d’ambiance. Dans un univers aux contours flous et aux frontières incertaines, nous parcourons des lieux remplis de mystère et de magie. Ce qui rend l’immersion, par la narration, prenante et l’univers foisonne de détails qui n’ont de cesse de nous émerveiller au fil des pages, mais aussi de multiplier les jeux de dupes et faux semblants.

Tout comme son univers, Christophe Guillemain s’emploie à dépeindre un bestiaire dense et empruntant autant aux mythologies qu’aux contes et légendes anciennes et contemporaines. Ici se croise des magiciens, des archanges, des enfants maudits se transformant en végétaux petit à petit, des vampires, etc… Une galerie sans cesse alimentée par des couches successives de fantaisies.

Ces deux points ont deux spécificités, comme évoquées plus tôt, l’immersion, par le truchement des lieux et du bestiaire, donne une ampleur et richesse au récit que l’on ne peut que saluer. Cette puissance d’imagination et les nombreux hommages ne font que faire vibrer le lecteur avide de littérature de l’imaginaire. Mais à contrario cette abondance, cette richesse noie aussi le lecteur dans un monde qui s’égare lui-même par moment.

Et le bât blesse quand on retrouve encore trop de personnages féminins totalement effacés ou devenant des prétextes ou faire valoir, tout comme des enjeux narratifs qui n’apporte pas énormément à l’histoire. Un sentiment brouillon par moment qui peut laisser quelques lecteurs sur le bas côté de ce périple foisonnant et passionnant.

In fine, il s’agit d’un premier roman intéressant, d’un auteur à suivre, qui malgré quelques maladresses sait proposer un univers et une histoire originale. L’écriture de Christophe Guillemain est belle, rythmée et poétique, lorgnant par moment vers le lyrisme gothique, tout en s’inscrivant dans une écriture toute contemporaine et moins contemplative. On sent une maîtrise et un amour pour la fantaisie chez Christophe Guillemain ce qui laisse présager des romans à venir somptueux !

Une belle sortie et un nouvel auteur dans le paysage littéraire français à suivre de très près.

Éditions Mnémos,
304 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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Un commentaire

  1. Surveillés de près..
    > vous avez laissé la coquille ‘surveillés de prêt’ !

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