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Hozuki Physalis

Hozuki – Aki Shimakazi

Le japonais est une langue qui connaît deux systèmes graphiques distincts pour retranscrire un terme. Hozuki donne donc lieu à différentes lectures selon le système choisi. Entre la prière et le physalis, il y a pourtant une réelle distinction de sens. A moins que les deux soient liés. D’autant plus que dans la symbolique florale, le physalis est signe de mensonge. Un mensonge pieux, une prière hypocrite ? Aki Shimazaki, écrivaine nippo-québécoise reconnue, nous livre un coffre à secrets aux abords austères, mais tout en délicatesse.

Depuis plusieurs années, Mitsuki tient la librairie d’occasion « Kitô » et vit à l’étage avec sa mère et son jeune fils Tarô, sourd-muet. Afin de compléter les revenus souvent minces de la librairie philosophique, elle travaille un soir par semaine comme entraîneuse. Ses conversations intelligentes et subtiles lui assurent une clientèle aisée et attentionnée. Le quotidien de Mitsuki est simple, sans surprise, rythmé par les saisons et l’émerveillement de Tarô face au monde. Tarô, son trésor hispano-japonais.

Mais avec l’arrivée de Madame Sato et de sa fille Hanako, son monde va légèrement dévié. Malgré le handicap de Tarô, Hanako et lui vont instantanément être très complices, et Madame Sato n’aura de cesse de vouloir se confier à Mitsuki.

« Comme on dit : “La réalité dépasse souvent la fiction.” Mais après tout, la vie d’autrui ne regarde personne. »

Femme indépendante, Mitsuki ne porte aucun jugement sur les autres et ne cherche pas la reconnaissance. Heureuse de la simplicité de sa vie, elle chérit chaque jour son fils et sa différence. L’irruption de Madame Sato va ébranler son univers, sans pour autant le retourner. Elle garde à tout instant le contrôle de sa vie, puisant dans le lien indéfectible qui l’unit à son fils, la confiance nécessaire en l’avenir. Chacun des personnages dissimule un passé qui le hante, mais cela ne fausse pour autant pas du tout la sincérité et la tendresse de leurs relations.

« Tu es né pour me sauver la vie. Tu m’as déjà dit ça, mais tu m’as eu parce que je voulais être ton enfant. »

Si Aki Shimazaki vit à Montréal depuis plus de vingt ans, elle n’a pourtant pas perdu l’art de la concision japonaise. Entre phrases courtes, pudeur extrême et poésie toute nippone, l’auteur laisse entrevoir tout l’amour dont peut regorger chacun d’entre nous. Sans jamais tomber dans le pathos ou la morale, elle ouvre la réflexion sur la différence, l’indépendance et la transmission. Avec ce nouveau cycle, dont Hozuki est le deuxième regard, Aki Shimazaki entame une pentalogie sur la joliesse des rencontres, quelles que soient leurs natures, et des chemins qu’elles ouvrent.

Hozuki Couverture

Editions Leméac & Actes Sud,
144 pages,
Aurore

À propos Aurore

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