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James Grady – Les derniers jours du Condor

Tel un agent dormant, James Grady réactive son Condor et relance la franchise qui l’a mis sur le devant de la scène. Les six jours du condor fut un roman couronné de succès, un film fut adapté du roman ( les 3 jours du condor de Sidney Pollack avec Robert Redford et Faye Dunaway).La série fut lancé et connut deux autres histoires, L’ombre du condor et condor.net. Parmi son univers rempli d’agents névrosés, d’états conspirateurs et manipulateurs et d’agents secrets plein de principes, on retrouve un schéma commun pour toutes ces histoires, à savoir un agent un peu paumé ou un peu naïf (six jours et l’ombre du condor) qui se fait avoir par son agence de renseignements. Un agent utilisé à des fins plus que douteuses. Mais voila le condor ne se laisse pas faire et arrive même à surprendre le lecteur et l’auteur arrive même à nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Il faut tout de même avouer que cela a très bien fonctionné avec Les six jours du condor, mais que les deux suites furent plus que moyennes.

James Grady est un auteur talentueux et nous a surpris sur certains romans tels que Le fleuve des ténèbres, la ville des ombres et surtout le génial Mad dogs. L’annonce d’un nouveau tome du Condor pouvait autant emballer que décevoir, mais la curiosité était belle et bien là. Allions nous avoir droit à du réchauffé ou à un coup de maitre ?

Nous appellerons le nouveau condor « Vin », c’est un agent en réinsertion, usé, blessé lors d’une mission, qui vit depuis avec une aide de l’état. Un jour, un duo d’agent vient lui rendre visite, la Charmante Faye et le très nonchalant Peter « Le chauve » viennent voir si tout se passe pour le mieux et surtout être sûr que l’ancien agent ne deviendrait pas fou à la longue ou ne serait pas tombé dans des occupations douteuses (se droguer par exemple). Des agents agaçant mais pas si méchant, mais des agents qui n’étaient pas dans la voiture blanche qui stationnait vers chez lui (bizarre, vous avez dit bizarre ?). Alors quand le lendemain en rentrant chez lui il tombe nez à nez avec Peter le chauve crucifié dans son salon, avec tous les indices laissant penser que c’est lui l’assassin… son instinct d’ancien agent se réveille et le condor part en chasse.

Ce condor est une synthèse de deux périodes de l’auteur, d’un coté son premier amour avec un personnage central un peu naïf, plein de bon sentiment et cherchant absolument à faire éclater la vérité. Mais ce roman se retrouve mélangé avec des éléments que l’on retrouve dans Mad Dog et l’aliénation d’un agent ou d’une nation. Une mixture qui a le mérite de remettre au goût du jour la série du condor, une suite étant déjà en préparation.

Nous sommes dans du pur James Grady, aucune mauvaise surprise de ce coté là. L’alternance de point de vue, le jeu de piste, du moins de fausses pistes, l’histoire d’amour à priori improbable mais qui se passe quand même et le dénouement surprenant qui se veut être une synthèse de ce qu’est le monde, du moins les Etats-Unis de nos jours. Pour les amoureux du genre et surtout les amateurs de l’auteur, ce n’est que du bonheur, allez-y vous allez vous régaler. Au menu action, sexe, suspens et une profonde réflexion sur les lois liberticides post 9-11 qu’imposent les Etats-Unis à son peuple. Mais voila, là je n’engage que moi, car ce que j’ai pu lire notamment sur l’excellent blog Unwalkers me contredira, j’ai eu l’impression de lire du déjà lu, d’avoir eu une espèce de plat, un bon plat, mais réchauffé. Du coup le plaisir est là, le livre se lit vite et bien, l’histoire tient la route, les personnages son intéressants, Faye est certainement un peu plus intrigante que le Condor, mais cette sensation d’avoir déjà lu ça dans Mad dog ou les six jours du condor m’a un peu cassé le plaisir de lecture.

Petite remarque mis à part « Les derniers jours du Condor » reste un excellent roman polar/action/espionnage. Un livre traduit d’une main de maître par Hubert Tézenas. Espérons que « Next Day of the condor » saura maintenir la barre et permettre au Condor de définitivement prendre son envol.

condor couv'Rivages/Thriller,
Trad. Hubert Tézenas,
380 pages,

Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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