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Tom Barbash – Les lumières de Central Park

Tom Barbash est intrigant. Pour nous lecteurs français, il sort de nulle part mais est fortement recommandé par David Vann (Sukkwan Island) et l’immense Dave Eggers (The believer, une œuvre déchirante d’un génie renversant,…). Sortant d’emblé dans la prestigieuse collection « Terres d’Amérique » chez Albin Michel, Les lumières de central park est un recueil de 13 nouvelles.

Ce recueil comporte une forte dose d’humanité et surtout de justesse dans cette humanité. Une sorte d’équilibre constant entre une parfaite harmonie et un point de rupture vers une éventuelle catastrophe. Un équilibre qui magnifie le personnage central de chaque nouvelle, que ce soit le rapport entre une mère et son fils qui se délite car l’enfant avance dans la vie et ne fait pas forcément les choix les plus pertinents selon elle. Une soirée maintenue chez lui, malgré sa rupture avec sa compagne, le soir des ballons géants ou encore le rapport conflictuel d’un professeur avec une de ses élève qui sort avec son fils. A chaque instant la relation peut se dégrader, partir dans le grotesque ou l’absurde, rentrer dans une forme de relation déraisonnable et sans espoir. Au lieu de ça, l’auteur se joue des situations pour mettre en avant le traitement humain d’une situation et se besoin qu’éprouve l’homme à ce que rien ne change.

L’écriture de Tom Barbash est d’une simplicité et d’une efficacité redoutable, proche d’un Raymond Carver dans le style, il n’en reste pas moins un auteur new-yorkais et développe, surtout dans les dernières nouvelles, une sorte de poésie et de style dans son écriture qui le démarquent du maitre du genre pour en faire un style assez unique tout en conservant cette apparente simplicité (Paris, l’anniversaire, Les lumières de Central Park).

« Ce soir-là, pendant quelques heures, ces souvenirs parurent réellement hanter mon père, ce qui me réconforta. Il resta dans son bureau et regarda par la fenêtre pendant un moment, puis il sortit des dossiers. Il feuilleta les notes de ma mère et le préambule qu’elle avait écrit en vue de son livre sur Paul et Jane Bowles.
Malgré toutes les réussites de mon père, ma mère avait toujours eu une ou deux longueurs d’avance sur lui. C’était elle qui, le dimanche, terminait les mots croisés du New York Times, c’était elle qui connaissait les dérivés des mots, parlait trois langues, et qui était la plus convaincante quand elle évoquait le film ou la pièce de théâtre que nous étions allés voir. Elle craignait tout à tour que je ne recherche à tout prix le succès comme mon père, ou bien que je n’hérite de son intelligence dénuée de sens pratique, celle qui assurait la vitalité de leur vie sociale mais qui ne lui avait jusqu’ici rapporté – sous la forme d’une avance sur son livre – qu’une somme très modeste. Quand elle fut sur son lit de mort, je ne savais toujours pas à qui ressembler, contre qui me rebeller, mais j’avais encore le temps de les décevoir tous les deux. »

La traduction d’Hélène Fournier est comme à son habitude impeccable, chaque publication dans la collection Terres d’Amérique avec la mention « Traduit de l’anglais par Hélène Fournier » est gage de qualité ! Les lumières de Central Park est, en treize nouvelles, un pur produit de la société contemporain new-yorkaise, une sorte de cartographie d’hommes et de femmes en rupture.

barbash couvAlbin Michel,
Terres d’Amérique,
Trad. Hélène Fournier,
260 pages.
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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