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Junji Ito spirale couverture

Junji Ito – Spirale

Si vous êtes amateur·rices d’horreur et de manga, le nom de Junji Ito ne vous est sûrement pas inconnu. Mangaka incontesté de l’épouvante, il est l’auteur d’œuvres incontournables telles que Gyo, Tomie et bien sûr Spirale. Créée en 1998 et restée longtemps en rupture de stock, la série en trois volumes est enfin rééditée en version intégrale. Voici l’occasion parfaite pour se replonger dans l’univers halluciné de la malédiction d’Uzumaki.

image Junji Ito spirale

Découpée en une vingtaine de chapitres, le récit se déroule au cœur de la petite ville côtière de Kurouzu, un lieu sans histoire et qui semble même plutôt ennuyeux. Schuichi et Kirié forment un couple de lycéen·nes ux premiers abords aussi ordinaires que leur bourgade natale, excepté l’angoisse qui ronge le jeune homme et le pousse à aller étudier dans une agglomération voisine. Il semblerait qu’il sente comme ambiance menaçante peser sur Kurouzu, à tel point qu’il propose à Kirié de s’enfuir au plus vite. 

Bien que sceptique, l’adolescente se rend vite compte que des choses étranges se passent autour d’elle, notamment dans la famille de Schuichi. Le père est comme obsédé par tout ce qui possède un motif ou bien la forme d’une spirale, collectionnant compulsivement des tas d’objets hétéroclites et s’enfermant des heures dans la pièce où il les garde religieusement, pour se plonger dans leurs symboles hypnotiques. Mais sa monomanie atteint des proportions telles qu’il va jusqu’à souhaiter se transformer lui-même en spirale, tordant son corps de manière horrible, déformant ses organes jusqu’à la mort.

Junji Ito spirale

Junji Ito spirale image

Ce n’est que la première victime d’une longue série, la malédiction d’Uzumaki frappant les habitant·es de la ville de manière aussi aléatoire que sournoise. Les femmes enceintes commencent à se délecter de sang humain pour nourrir leur embryon, à la manière des moustiques. Des êtres humain·es prennent jour après jour l’apparence glauque d’escargots géants, tandis que la fumée noire s’échappant du crématorium s’enroule sur elle-même en une spirale énorme… L’horreur monte de façon graduelle et pernicieuse, et rien ni personne ne semble pouvoir fuir.

Dans ces histoires qui s’agencent comme une succession de  nouvelles, Junji Ito déploie tout son macabre talent de conteur et de dessinateur. Son trait, reconnaissable entre tous, est tout aussi sombre que racé et ses personnages aux visages lisses ressemblent à ceux des enfants du Village des damnés. Il découpe ses planches avec une dynamique implacable, qui distille ce qu’il faut de suspens et de sinistre pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. C’est d’ailleurs l’une des forces de Spirale : ce côté à la fois envoûtant et dérangeant, qui nous place presque comme un·e protagoniste de l’histoire. Car à la manière de Kirié, on se sent aussi bien repoussé·e qu’attiré·e par l’ambiance étouffante qui envahit chaque parcelle et habitant·e de Kurouzu.

Si la lecture peut s’avérer éprouvante par moment (surtout si l’on n’a pas l’habitude du genre), je l’ai trouvée surtout magnétique. Junji Ito ne tombe jamais dans le gore poisseux et extrême, préférant instaurer une impression malsaine et sournoise dont on a du mal à décrocher.

Seinen horrifique et hypnotique, Spirale vous aspirera dans les méandres de ses pages… dont vous ne sortirez sûrement pas indemne.

 

 Junji Ito spirale image fin  

 Éditions Delcourt/ Tonkam
664 pages
Caroline

À propos Caroline

Chroniqueuse

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