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Le top 5 de Jérémy Fel

On ne le présente plus, il est dans tous les journaux culturels pour son très remarqué premier roman Les loups à leur porte, Jérémy FEL s’impose très vite comme un disciple direct de Stephen KING. Les loups à leur porte édité par Rivages est une succession de sombres histoires de personnages anxiogènes, qui cherchent à fuir ou à combattre. Tous convergent au point névralgique du roman : l’origine du mal et l’incroyable capacité de l’être humain à le répandre. Aux frontières des genres, David Lynch, Haneke et Dantec ne sont pas loin et cela donne un ouvrage complètement addictif qui tient toutes ses promesses et aspire le lecteur dans 450 pages avalées goulûment.

Les cités de la nuit écarlate de William Burroughs:
Mon roman préféré de Burroughs, peut-être un des plus faciles à lire, de facture plus « classique » que Le festin nu ou Les garçons sauvages, mais tout aussi ambitieux. C’est dans ce roman que son univers fantasmagorique se déploie, à mon sens, avec le plus de puissance et de folie. On y suit tout d’abord trois histoires très distinctes, à trois époques différentes, et qui fusionneront ensuite de façon vertigineuse. Fort de toutes ses expérimentations passées, Burroughs y mêle le roman picaresque, le roman noir et la science-fiction avec bonheur. Un grand moment de psychédélisme littéraire.

Dans la ville des chasseurs solitaires, de Tom Spanbauer:
Je tiens vraiment à parler de ce roman très peu connu en France. Spanbauer, qui a longtemps enseigné une méthode d’écriture appelée « Dangerous Writing », et dont les cours ont notamment été suivis par Chuck Palahniuk, nous y fait suivre le destin d’une poignée de personnages en souffrance, avec pour cadre le New York des années 80, alors frappé de plein fouet par l’épidémie du SIDA. Ecrit dans un style très particulier, hypnotique et incantatoire, Dans la ville des chasseurs solitaires est sans concessions, constamment surprenant et profondément humain, peuplé de personnalités en marge et qui ne cessent de lutter contre l’ordre établi et les interdits, toujours en quête d’un idéal impossible à atteindre. Un livre d’une noire poésie, lourdement frappé par la mort ( l’auteur a lui-même failli mourir pendant son écriture ) mais qui nous donne ensuite une furieuse envie d’en découdre avec la vie.

Bellefleur de Joyce Carol Oates:
Il s’agit du premier roman de son cycle gothique, et pour moi le pendant américain de Cent ans de solitude. On y suit le destin de la famille Bellefleur pendant plus d’un siècle, dans leur grand manoir de l’état de New York. Les époques se mêlent jusqu’au vertige, on y croise des femmes brisées, des fous de Dieu, des tueurs en série, des pièces mystérieuses et des lacs hantés, le tout écrit dans cette langue si caractéristique de l’auteure de Blonde : torrentielle, qui emporte le lecteur pour ne plus le relâcher pendant plus de 900 pages. Oates a une fois dit que Bellefleur était son « roman vampire », tant il l’avait vidée de toute énergie. On ne peut que la comprendre à la lecture de cette œuvre prodigieuse et envoutante.

Imajica de Clive Barker:
Clive Barker est selon moi le grand maitre du fantastique contemporain avec Stephen King et pourtant encore injustement méconnu en France. Imajica est sans aucun doute son « opus magnum », une histoire complexe et tortueuse, mêlant fantasy horreur et pornographie, plongée sous apnée dans l’univers baroque et cauchemardesque d’un auteur obsédé par les délices et les supplices de la chair, et dont l’imagination semble sans limites.

Deux garçons, la mer de Jamie O’Neill:
Mon grand coup de coeur du moment. Un roman passionnant, très émouvant, qui suit le destin de plusieurs personnages hauts en couleur et emportés par le souffle tragique de l’histoire, dans le Dublin du début du siècle. Formellement très influencé par le Joyce d’Ulysse, l’auteur construit cette symphonie textuelle autour de l’histoire d’amour naissante entre deux jeunes garçons, qui au début du livre se jureront de traverser à la nage la baie de Dublin exactement un an plus tard, afin de planter le drapeau irlandais sur un îlot rocheux, sans savoir que ce jour sera aussi celui d’une des plus sanglantes insurrections que connaitra leur ville. Poétique, lyrique et d’une tristesse sans fond.

À propos Ted

Ted
Fondateur, Chroniqueur

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