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L’homme qui marchait sur la lune – Howard McCord

William Gasper n’est plus tout jeune. A cinquante ans, il est un vieux monsieur. Pas un vieux monsieur calme et posé qui passerait son temps à lire des livres posé dans son salon en écoutant du classique, non. Plutôt un vieil excentrique qui se nourrit d’insectes et de petits animaux qu’il chasse, a aménagé un vieux container dans lequel il habite et passe de nombreuses journées à escalader seul une montagne aride à proximité de chez lui. Cette montagne est si désolée et si isolée qu’il l’appelle la Lune. Mais William Gasper aime être seul, aime se sentir sur le fil du rasoir. Son ancienne carrière de tueur au sein des Marines des Etats-Unis n’y est sans doute pas étrangère, à moins que ce ne soit ce caractère qui lui ait permis de suivre cette voie. Toujours est-il que pendant son escalade, il se sent suivi. Serait-ce Cerridwen, la déesse-lune qu’il a déjà croisé plusieurs fois, voire Palug, son chat chasseur ? Ou une des innombrables agences qu’il a déjà eu l’occasion de « froisser » au cours de sa vie professionnelle ?

Howard McCord est un auteur surprenant. Il transforme une randonnée quasi-philosophique et introspective en un mano a mano entre un homme et ses vieux démons. La randonnée nous permet de découvrir un Gasper en paix, reposé et en harmonie avec la nature. Puis la barrière se fissure et l’on se rend compte qu’il est sans doute plus prédateur que randonneur. Il sent les déplacements d’autres personnes, il connaît tous les trucs pour observer sans être vu, il connaît parfaitement le matériel utilisé par les randonneurs…

Aussi la révélation de son passé ne nous surprend pas. Mais McCord ne s’arrête pas là et va nous présenter un Gasper mi-poète, mi-bête. Comme si la beauté de la nature sauvage et la rudesse de la nature humaine se rencontraient et se livraient bataille au sein même de l’esprit de Gasper, par l’intermédiaire de Cerridwen, déesse animale et humaine à la fois. Cerridwen qui est à la fois l’ultime fantasme et la plus grande terreur de Gasper.

Ce livre est une claque ! Beau comme un roman contemplatif, rythmé comme un livre d’action, ode à la nature sauvage, apologie de l’introspection… Et vous vous demanderez sans doute comment tout ça peut tenir dans 136 pages ? Lisez-le et vous verrez !

l-homme-qui-marchait-sur-la-luneEditions Gallmeister
Traduction Jacques Mailhos
136 pages

Jérémy

À propos Jérémy

Chronique/Co-Fondateur

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