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Porcher
The Hogfather, série télévisée, 2006

Le Père Porcher – Sir Terry Pratchett

Conte de Noël revisité pour adultes gâtés(eux)

« Ho – Ho – Ho » ! Il descend par la cheminée, laisse quelques traces de suie sur le tapis, dépose aux pieds des sapins et dans des chaussettes décorées des cadeaux, vole de maisons en hôtels particuliers à bord de son traîneau tiré par des cochons… Mais oui c’est bien sûr le père Porcher ! Ou plutôt un étrange avatar du Père Porcher… « Oh bon sang ! »

Son oreiller glissant doucement sous sa robe rouge, la Mort se dressait au milieu du tapis de la nursery…

Accompagnée de drôles de lutins roublards, Pipo, Dario et Mimile, la Mort, sa fausse barbe et son oreiller en guise de ventre bedonnant, distribue les présents en cette veille du Père Porcher. Est-elle la responsable de la disparition, voire de la mort, du Père Porcher ? L’aurait-elle fait par pur désir de reconversion professionnelle ? Parce qu’après tout être la Mort ce doit être usant comme métier à la longue… Ou est-ce encore un coup de la Guilde des Assassins embauchée par une entité magique pour assassiner le « Gros » ?

Pour mener l’enquête, rien de mieux que la petite fille de la Mort, Suzanne, qui coulait, jusqu’à cette étrange veille du Père Porcher, des jours paisibles de normalité en tant que gouvernante chez des petits bourgeois. Elle voit l’invisible, le réel, et grâce à ses dons, héritage d’une génétique qu’elle aimerait étouffer, se lance dans la quête du Père Porcher avec une petite troupe pour le moins éclectique : un corbeau qui parle, la Mort au rat et l’Oh bon dieu de la Gueule de Bois (parce que quand on l’a, la gueule de bois, on ne peut que se tenir la tête et gémir « oh bon dieu ! »). On se serait bien contenté d’un conte burlesque sans foi ni loi suivant l’adage du philosophe Didactylos : « les choses arrivent, un point c’est tout. Rien à glander. » mais non, Sir Terry Pratchett parvient tout de même à nous embarquer dans d’étonnantes aventures épiques.

Une roue ardente roule toujours hors des décombres en feu. Deux porteurs d’une grande plaque de verre traversent toujours la route devant tous les acteurs comiques lancés dans une folle poursuite en voiture. Certaines conventions narratives sont si fortes que des équivalents se produisent même sur des planètes où des rochers se mettent à bouillir à midi.

Le Père Porcher n’est pas un conte pour enfants mais pour grands enfants qui ont cessés de croire. Les personnages de pouvoir, les Assassins, les grands Mages de l’université de l’Invisible, le roi sont ridiculisés, les enfants jouent de leur mignonnerie pour obtenir plus de cadeaux, mais toujours, dans un monde où tout n’est que farce, quelques bonnes âmes pour sauver la donne, ou peut-être pas car qu’elle est la force d’une bonne action dans un monde mauvais si elle ne fait que semer la pagaille ?

Porcher
©n3cdn.co.uk

Le Père Porcher est le vingtième tome de la série du Disque-Monde cet univers poético-grotesque posé sur quatre éléphants portés par une tortue géante à la dérive dans l’espace sorti de l’esprit génial de Sir Terry Pratchett, anobli par la reine en 2008, s’il vous plaît. C’est un peu comme si la verve critique et comique des Monty Python avait rencontré la puissance créatrice d’un Tolkien. On rit beaucoup, on se laisse emporter et on redevient des grands dévoreurs de contes.

Malheureusement en 2015, le grand génie du merveilleux s’est éteint. La librairie de l’Atalante, premier éditeur français de son œuvre, propose une magnifique réédition dans un format différent avec des couvertures illustrées par Josh Kirby et une introduction de Terry Pratchett. Pour vous inviter à lire ou à relire les annales du Disque-Monde, les mots de l’auteur lui-même :

Je ne vois rien d’autre qui aurait pu me procurer dans la vie ne serait-ce qu’une infime partie du plaisir que j’ai à écrire. Je m’estime extrêmement chanceux, non seulement parce que j’ai aimé être un auteur, mais aussi parce que cet auteur a gagné beaucoup d’argent. Merci de lire – et d’acheter – mes livres.

Sonia

 

PorcherLe Père Porcher, Les annales du Disque-Monde, t.20, Terry Pratchett, traduction Patrick Couton, illustration de Josh Kirby, L’Atalante, coll. La Dentelle du Cygne, titre original Hogfather (1996), octobre 2016, 384 p. 

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