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Rich Larson – La fabrique des lendemains

Nouvelle sortie, en octobre 2020, dans la prestigieuse collection Quarante-Deux, la Fabrique des lendemains est le premier recueil, composé par les soins des directeurices de collection, Ellen Herzfeld et Dominique Martel, d’un jeune auteur dont on risque d’entendre parler. Ainsi, la collection vous propose de découvrir, en l’espace de vingt-huit nouvelles, Rich Larson et disons le tout de suite, un prodige du genre !

Né au Niger, Rich Larson en l’espace d’une décennie a écrit un premier roman, mais surtout, il est l’auteur de plus de deux cents nouvelles. Plusieurs d’entre elles furent saluées et récompensées de prestigieux prix. Du haut de sa petite trentaine d’années, il a su faire parler de lui, et s’imposer, en langue anglo-saxonne comme un prodige de la science-fiction, régulièrement comparé à Greg Egan ou Ken Liu pour sa richesse ou son inventivité.

Dans la Fabrique des lendemains, nous découvrons autant de variations de monde que de protagonistes différents. Ici, nous parlons transhumanismes, biopunk, de hard SF, de robotique, d’IA,Etc… Des univers multiples en quête d’une chose, du sens. Une quête de l’impossibilité de comprendre, de se comprendre. Durant vingt-huit nouvelles, quasiment toutes géniales, la question du genre, des genres, de l’identité ainsi que des avenirs possibles vont être méticuleusement auscultés.

Les corps sont déformés, changés, triturés, transformés, les mémoires et les âmes transférées, dématérialisées , stockées dans des clouds, les robots vivent, la Terre se meurt, les nations n’existe plus vraiment, l’individualisme prime et surtout la solitude prédomine.

Ainsi, Rich Larson écrit une sorte de « Post » SF, nous nous retrouvons systématiquement après le « Sense of Wonder », le merveilleux est dépassé, que reste-t’il ensuite ? Une tendance que l’on peut retrouver en filigrane chez Greg Egan, ou dans d’autres œuvres comme le film Ad Astra de James Gray. Nous retrouvons une forme de résignation, une fatalité, qui est là pour nous dire qu’avec le temps la nature gagne, nature humaine, la Nature, le naturel, une forme d’entropie deterministe qui transcende les âges.

On pouvait trouver cette thématique et ce sentiment déjà dans les œuvres de Mathieu Bablet, ici, tel un Jean Sébastien Bach et ses variations Goldberg, Rich Larson, avec une pertinence et une intelligence immense, nous joue ses propres variations autour d’un monde qui ne pourra pas échapper à son propre destin.

Cette collection, Quarante-Deux, en référence à Douglas Adams, n’en finit pas de nous éblouir par ses publications. Après le trio incroyable de Greg Egan, à savoir Axiomatique, Radieux et Océanique, Peter Watts, Nancy Kress ou encore l’immense Ken Liu, c’est au tour de Rich Larson d’exploser et de s’imposer comme une des figures incontournables de la science-fiction.

« La fabrique des lendemains » est un titre indispensable, qui vous restera en tête longtemps après sa lecture, une regroupement de pépites et, très certainement, un des meilleurs recueil de nouvelles de cette décennie tout genre confondu ! Chapeau !

Bonus, sur le site d’ActuSF ( en lien ici), vous pourrez retrouver une interview passionnante de Rich Larson. Je me permets, néanmoins de citer, un passage de cette interview ici, tant l’on comprend l’univers et la perception de l’auteur, et à quel point cette citation fait écho à ses nouvells :

Mes histoires parlent des gens. Non pas parce que je comprends les gens, mais parce j’essaie de les comprendre, guidé encore et encore par une espèce de solitude cellulaire.

La science-fiction est une collection d’esthétiques, et je suis porté par cette esthétique car, par essence, elles représentent le changement. Le changement est ma préoccupation principale, je suis obsédé par lui. Je me torture moi-même me demandant dans quelle mesure je peux altérer mes comportements, ma manière de penser – je suis un homme avec de mauvaises habitudes – et dans quelles mesures je suis transporté à travers l’univers sur des rails invisibles.

Le Bélial,
Collection Quarante-Deux,
Trad. Pierre-Paul Durastanti,
512 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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2 Commentaires

  1. Pierre-Paul Durastanti

    Voilà qui fait plaisir.
    Merci ! 😉

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