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Simon Schwartz – Dans les glaces

ImpressionL’histoire commence par une légende, celle de Tahnusuk, le Diable. Celui-ci est chassé de la Terre par un corbeau mystique et est condamné à attendre l’arrivée de voyageurs du Printemps. Cette légende est d’origine inuite, et les visiteurs du printemps vont apparaître sous les traits de Robert Peary et de son équipage, dont son fidèle domestique noir, Matt Henson. A la suite de leurs aventures, Peary trahira son domestique pour s’accaparer seul tout le mérite de l’expédition.

L’histoire de ce livre est prodigieusement dure. Jusqu’au bout, Matt Henson aura souffert d’avoir accepté d’accorder sa confiance à un homme qui n’en méritait pas la moitié! Il va vivre dans la misère la fin de sa vie, lui qui a participé aux plus grandes expéditions de son époque. Il paiera également le simple fait d’être né noir dans un monde qui était encore moins ouvert d’esprit qu’aujourd’hui, ce qui le cantonnera à des rôles subalternes qu’il va très souvent surpasser afin de sauver de nombreuses fois ses compagnons d’aventure.

Mais ce qui frappe le plus dans cette histoire, c’est sa véracité historique! Les pierres volées aux inuits, les “indigènes” capturés pour être exposés vivants au Musée d’Histoire Naturelle de New York, tout est véridique et avéré. L’on se rend alors compte de l’arrogance et de l’irrespect dont ont fait preuve la plupart des premiers explorateurs. Ce livre est assez édifiant vis-à-vis du comportement des sociétés dites “civilisées” quant aux “sauvages”, et les appellations pourraient aisément être inversées par moments.

Les premières pages sont dérangeantes. Le style graphique est vraiment particulier: plat, avec très peu de relief. Je dois bien avouer qu’aujourd’hui encore je peine à le trouver particulièrement beau. Mais cela m’a dérangé au grand maximum une dizaine de pages, avant de me laisser entraîner par l’histoire et la puissance du récit.

Ce livre est un brillant plaidoyer pour rétablir un homme dans l’histoire, même si c’est trop tard pour qu’il puisse en profiter. Un hommage posthume brillant, cinglant et beau à la fois.

Editions Sarbacane
176 pages

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Jérémy

À propos Jérémy

Jérémy
Chronique/Co-Fondateur

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