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Six jours – Ryan Gattis

Fin avril 1992, les trois policiers accusés d’avoir tabassé Rodney King sont acquittés. Ce jugement sur l’affaire qui avait mis Los Angeles au bord de l’implosion va provoquer six jours d’émeutes, qui vont se traduire par soixante morts, des milliers de blessés et des dégâts estimés à plus d’un milliard de dollars.
Mais pendant ces six jours de folie où les forces de l’ordre sont occupées à retenir les émeutiers, les membres des gang y voient une opportunité pour régler certains comptes.
Ernesto Vera bosse dans un camion de tacos. Il travaille bien et économise pour se barrer du quartier et essayer d’entrer comme apprenti dans un restaurant japonais classe, dans un autre quartier de Los Angeles. Il est loin de toutes ces histoires de gang, ça ne l’intéresse pas, il veut juste qu’on lui foute la paix et essayer de vivre autre chose. Mais Ernesto est aussi le grand frère de Lil Mosco, qui lui est une figure bien connue du quartier de Lynwood, et qui a buté la mauvaise personne. Ernesto va donc être la vengeance du gang adverse, et son meurtre (dans des circonstance spour le moins insoutenables) va être le déclencheur d’une vendetta entre les gangs du quartier, tandis que, loin de là, la police tente de maîtriser le cœur d’une ville prise de folie.

Six jours, dix-sept personnes. Chacune va nous raconter, de son point de vue, un événement particulier dans ce quartier. Toujours en lien avec la mort d’Ernesto, toujours en gardant un œil sur L.A. qui brûle. Membres de sa famille criant vengeance, homeboys travaillant avec le gang, amis, voisins, flics… La vie va changer pour ces personnes pendant ces six jours, elles vont se croiser et chacune va marquer l’autre, consciemment ou non.
Loin de rester dans certains clichés sur les gangs (ici chicanos), Ryan Gattis nous montre bien toute la complexité de la vie des habitants de Lynwood, membre de gang ou non. Le pourquoi de l’engagement, la double-vie, l’échappée belle, la peur quotidienne. La violence, les meurtres, les deals, la protection. La police qui vient plus pour vous tabasser et vous éclater les dents que pour défendre vos droits.
Ces événements terribles qui ont secoués L.A. pendant 6 jours, ne sont peut-être pas si différents du quotidien de certains autres habitants, un peu plus envahissants, peut-être, oui. Mais pas si différents. Et il y a des quartiers où les émeutes ne s’arrêtent pas. Où la police ne vient pas pour vous mais contre vous, et où la seule justice qui ressemble à quelque choses est celle que l’on se fait.

Un roman terrible et d’une violence telle que livre tombe parfois des mains, mais d’une justesse et d’une émotion qui nous emportent loin, dans les espoirs de certains et les terribles résolutions des autres, sans jugement manichéen, sans facilité, sans fin.

6 jours - couv417 pages
Traduit par Nicolas Richard
Éditions Fayard

Marcelline

À propos Marcelline

Chroniqueuse/Co-Fondatrice

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