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Till Lukat- Dures à cuire

Un jour, Till Lukat a décidé de faire un livre sur les femmes, à sa sauce. Une sorte de manuel d’Histoire englobant plusieurs siècles, à travers le monde entier, voguant sur des portraits de nanas aux destins hors-normes, qui ont toutes joué un rôle important et parfois même décisifs sur leur époque.
Premier prix du Ligatura Pitching 2014, concours situé en Pologne et regroupant un jury international où les artistes exposent leur projet de la manière dont ils le souhaitent, Dures à Cuire s’est démarqué par son message fort et engagé, son aspect ludique et sans chichi.

till lukat dures à cuire image

A travers des anecdotes décalées et une narration à la fois simple et pleine d’humour, Till Lukat dessine un bref récapitulatif en double-page de ce panel de personnalité allant de la princesse (Lady Diana) à la scientifique (Marie Curie), en passant par la tatouée avant-gardiste (Nora Hildebrandt) ou encore Miep Gies, qui a hébergée Anne Frank et sa famille durant la Seconde Guerre Mondiale…

Toutes les couleurs et toutes les passions y passent, l’auteur brosse et croque les femmes à travers des illustrations pleine page aux aplats débordants de vie, et l’on sent le plaisir qu’il a eu à faire cette mini-Bible et sa volonté de nous faire découvrir ces facettes exubérantes.
A côté on peut lire un récapitulatif concis retraçant les destinés anticonformistes de ces fortes-têtes aux coeurs débordants d’espoirs et d’utopies. Utopies pour lesquelles certaines ont consacrées leurs vies, pour s’en rapprocher un peu plus, ne serait-ce qu’un peu, et réduire les frontières pour les générations à venir.

image till lukat dures à cuire
Le tout est ponctué par une bande-dessinée de quelques cases, cinq au maximum, où l’on assiste à un passage des existences respectives de ces femmes, un peu à la manière d’un instant de vie pris sur le vif, un bout de pellicule coupé qui permet de vite cerner le personnage. En quelques phylactères seulement, l’auteur nous démontre tout l’humour et le piquant de son univers, donnant encore plus de volume aux caractères bien trempés qu’il a choisi de mettre en lumière.
On découvre ainsi que le premier Sex-Shop a été ouvert grâce à Beate Uhse, une donzelle qui n’avait pas froid aux yeux, que le postillon le plus respecté du Tennessee était une ancienne esclave affranchie et que Dominick Ardun a vécue sa passion de l’exploration même une fois amputée de tous ses orteils.
Dures à Cuire est un album simple et intelligent, qui permet de découvrir ou de redécouvrir ces nanas , rombières, épouses, féministes, toutes courageuses et couillues, souvent tout autant voir même plus que tous ces grands conquérants qui jalonne l’Histoire à travers le monde.

till lukat image dures à cuire

Editions Cambourakis
121 pages
Caroline

À propos Caroline

Chroniqueuse

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3 Commentaires

  1. Merci pour cette critique, effectivement un Superbe ouvrage ! A découvrir. Mais hélas l’utilisation à la fin de “…couillues…” est plus que maladroite. L’emploi et la référence restant le modèle masculin donnant à penser et à croire qu’on ne peut pas utiliser d’autre qualificatif que ceux-ci. La référence au masculin est encore toujours de mise !
    Le féminin “demeurant” toujours en creux.
    Alors que le propos de ce magnifique ouvrage démontre tout le contraire.
    C’est plus que dommage ! :/ Cela minimise cette chronique.

    • Bonjour Patricia! Merci pour ton avis 🙂
      Je vois plutôt ça comme un terme totalement masculin qui sert à une cause féminine, car je ne souhaitais pas prioriser plus l’un que l’autre. En effet ce livre traite de femmes qui n’ont pas eu besoin de porter cet attribut pour se débrouiller, mais pour autant s’en servir comme adjectif tient plus de la contradiction assumée que du propos qui minimise la femme par rapport à l’homme. Je ne tiens pas à diaboliser ou éviter d’utiliser tout adjectif propre à ces messieurs même dans cette chronique portant sur un livre aux couleurs du féminisme 😉

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