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Washington Cucurto – Les aventures du Dieu Maïs

Un magasinier argentin, spécialisé dans la sublimation du rayon fruits légumes d’un supermarché, obsédé sexuel se servant de sa « tige » comme d’un véritable objet de magnétisme se retrouve promu, par sa petite amie, au rang de Dieu Maïs. Washington Cucurto aime les femmes en chair, les dominicaines en particulier – ses dominicaines de l’enfer – celles de cinquante ans bien tapé avec un peu de bidoche. C’est un squatteur invétéré des Conventillo, ces maisons de pauvres où vivent de nombreux prostitués.
En grand « Dieu Maïs », Washington Cucurto va se retrouver avec sa verge parfaite recouverte d’or et la promesse de parties de baise infernales durant les vingt quatre heures qui lui seront consacrées selon le culte dominicain. Mais Washington Cucurto est aussi un écrivain de génie – il écrit même sur des feuilles de laitues avec une carotte – et c’est le plus grand poète que l’Argentine ait porté, peut-être même le monde.

Les aventures du Dieu Maïs est un roman haut en couleur, un roman anticapitaliste. Il dénonce le « supermercatisme » et le besoin pédant, des grands patrons, d’une rentabilité de plus en plus élevée et rapide. Il démontre le besoin stupide des consommateurs de plus en plus suiveurs et réfléchissant de moins en moins. Il s’agit aussi d’un roman sur les obsessions, sexuelles, le besoin de reconnaissance et de supériorité face aux autres écrivains. Mais le tout est sublimé par la malice et la verve de l’auteur.
Il écrit comme il parle, et Washington Cucurto est un sacré causeur, l’auteur a du swing dans son phrasé, de la tchatche à revendre, rien ne peut l’arrêter. Son style simple, sans tournure complexe, se veut très direct et très efficace, par bien des côtés on ne peut s’empêcher de penser à John Fante et aux auteurs qui ont fait la gloire de 13e note éditions.

« J’ai tout de suite compris… j’ai su que j’étais l’élu. J’ai posé ma bite sur la banquette, au repos, endormie, prête à se réveiller au premier contact comme un animal sauvage. Tropicale.
– Mon Dieu, mais c’est une vraie bite tropicale !
M. Luis a reculé d’un pas sous le coup de la surprise. Il m’a regardé dans les yeux, amoureusement, avec une bonne dose de tendresse. Et il m’a dit que j’avais le Don du Seigneur, qu’être le dieu Maïs était mon destin. Mais merde, c’était quoi ce truc de dieu Maïs ? M. Luis a couru vers la porte et a poussé un cri :
– Anita, viens voir ce bijou !
Il appelait la fille du comptoir et le gland s’est mis à me démanger tandis que ma queue frétillait en hochant la tête comme pour me dire, Cucu, donne-moi un su-sucre. Elle est entrée en roulant du cul, en faisant rentrer son levis tout entier dans sa petite chatte. Comme ça excite, comme ça chauffe, comme ça provoque, tout ce qui est ajusté, moulé, trop serré ! »

Les illustrations de Tom de Pekin cadrent parfaitement avec l’univers et l’ambiance du livre, l’histoire nous plonge dans l’univers loufoque et drôle d’un auteur qui aime divertir et amuser.
Roman court et efficace, il n’est pas forcément des plus intéressant au premier abord, mais ouvrez donc ce livre, lisez n’importe quel passage et je vous mets au défi de le refermer !

Cucuro-DieuMais-UDLLe Nouvel Attila
Trad. Geneviève Adrienne Orssaud
125 pages

Ted

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Fondateur, Chroniqueur

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