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Appel à textes – Concours de nouvelles Étonnants Voyageurs 2020

En voilà une chronique bien particulière ! L’an dernier déjà, nous faisions la même (à retrouver en cliquant ici) ! Pour la deuxième année consécutive, Un Dernier Livre avant la fin du monde ne vous invite pas à lire, mais bien à écrire, dans le cadre d’un appel à textes. Et pas écrire n’importe quoi, puisqu’il s’agit d’écrire des nouvelles, le format parfait pour raconter des histoires incroyables en quelques pages.

Aujourd’hui, nous relayons l’appel à textes du Concours de Nouvelles organisé par l’association Étonnants Voyageurs. Depuis maintenant plusieurs années, ce concours récompense les meilleurs écrivains en les publiant dans une anthologie éditée par Gallimard Jeunesse à 15.000 exemplaires. Et ce ne sont pas n’importe quels écrivains qui sont concernés. Les participants de cet appel à textes doivent obligatoirement avoir entre 11 et 18 ans. C’est là tout l’intérêt : voici le moyen de découvrir les jeunes talents de demain. Ainsi, en écrivant une nouvelle entre 2 et 4 pages, il vous faudra écrire la suite de l’un des deux incipit (au choix) proposés par la marraine de la session 2020 : l’écrivaine à succès Ananda Devi.

Le premier sujet : La Disparition

 

C’est le silence qui réveille Junid.

Il lutte un instant pour s’accrocher au sommeil, il n’a pas envie de se lever pour affronter les tâches de la journée, lassantes et répétitives, réparer les filets de pêche de son père, aller chercher de l’eau au puits du village, nourrir leurs trois poules acariâtres et grimper tout en haut du cocotier pour récolter les noix que sa mère ira vendre au marché ; mais l’absence de bruit est une chape descendue sur sa tête, et il ne peut plus respirer.

Il ouvre les yeux, écoute, retenant sa respiration, et fait le décompte de tous les sons qui ont disparu : le vent, les oiseaux, les chiens; et la mer. Depuis sa naissance, sa musique a été là, constante et changeante à la fois, terrifiante berceuse. Le silence de la mer, il le sent, il le sait, est une menace qui dépasse de loin tout ce qu’il a connu jusqu’ici.

Il se lève et se précipite hors de la hutte de pêcheur où il a toujours vécu. Dehors, l’air est immobile, chaud, étouffant. Ni les palmiers ni les cocotiers ne bougent. Pas un souffle. Et devant lui, une immensité de sable nu. Jusqu’à l’horizon.

Junid ouvre la bouche pour crier, mais pas un son n’en sort. C’est comme s’il a été, lui aussi, rendu muet. C’est alors qu’il remarque les innombrables traces de pas des animaux qui ont fui. Il se met à courir.

Le second sujet : Jo

 

Nous ne pensions pas que nous serions entendus. Ce n’était pas là notre objectif. Ce que nous voulions, c’était frapper fort.

Quand tu as seize ans et que tu penses que le monde se meurt, tu comprends que l’avenir est déjà une page tournée.

Alors, une dizaine d’entre nous, on a décidé d’agir. On n’était pas des têtes brûlées. On voulait juste exprimer cette colère qui bouillonnait en nous depuis des mois, ce feu qui couvait et qui avait besoin de jaillir avant de nous consumer.

Nos discussions étaient de plus en plus animées. Bill voulait dessiner des graffitis obscènes sur les murs du ministère de l’environnement (il se prenait pour Banksy, le talent en moins). Kerry proposait de lancer des chaussures sur le Président lorsqu’il ferait une sortie en public. Madison optait plutôt pour des œufs pourris. Beverley, dans sa phase suffragette, voulait s’enchaîner aux grilles du Sénat. On n’arrivait pas à se mettre d’accord.

Jo, lui, ricanait à chacune de nos propositions. Ça ne changera rien, rien du tout! répétait-il. Il faut un vrai coup d’éclat.

Tu proposes quoi, alors, Jo? lui a-t-on demandé.

C’est moi qu’il a regardée lorsqu’il nous a expliqué son plan. Je n’ai compris que trop tard pourquoi. Le problème, avec Jo, c’est qu’il était trop charismatique. Personne ne pouvait lui dire non. Alors, lorsqu’il m’a tendu la main en me disant, ce soir, on passe à l’action, je n’ai pas écouté la voix intérieure qui me disait de ne pas le suivre. Je lui ai pris la main et je l’ai suivi.

Vous devez donc avoir entre 11 et 18 ans pour participer à l’appel à textes (jusqu’au dernier jour de votre 18ème année) ou être encore scolarisé dans l’enseignement secondaire. Vous devrez écrire la suite de l’un de ces incipit pour faire une nouvelle entre 2 et 4 pages, qui comportera sur la première page un titre bien visible et la dernière phrase de l’incipit choisi.

N’oubliez pas qu’il s’agit d’une nouvelle ! Elle doit donc mettre en scène des personnages peu nombreux, une intrigue intense mais facile à comprendre et doit comporter une chute, qui ne laisse aucune ambiguïté sur la fin de l’histoire au terme de ces quelques pages…

J’espère que vous serez nombreux à participer : les candidatures de cet appel à textes sont encore ouvertes jusqu’au 14 février 2020 sur le site internet du concours (en cliquant ici), et les envois possibles jusqu’au 9 mars 2020, une fois inscrit, par la Poste à l’adresse suivante :

Etonnants Voyageurs
Concours de nouvelles
24 Avenue des Français-Libres
35 000 RENNES

Je vous souhaite à tous bonne chance et beaucoup d’inspiration ! À vos plumes, prêts, écrivez !

À propos Marc Perrin

Marc Perrin
Chroniqueur

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