Accueil » Fantasy/SF » Auriane Velten – After®

Auriane Velten – After®

Mi-Avril est discrètement sorti un premier roman. Ayant pour couverture un gros plan sur un tableau du peintre polonais Zdzislaw Beksinski, After® intrigue dès qu’on l’aperçoit. Les éditions Mnémos savent mettre en valeur l’objet livre et trenscandent très régulièrement les romans proposés avec une charte graphique unique, minimaliste et terriblement efficace.

After® est le premier roman publié, par un éditeur, d’Auriane Velten. Après avoir tenté l’écriture de trois romans, d’en avoir finalisé un quatrième qui ne rencontra pas le succès escompté auprès des éditeurs, débarque enfin son cinquième essai et une proposition originale de Science-Fiction. De son propre aveu, il s’agit ici du premier roman qu’elle estime être digne d’être publié, l’auteurice ayant attachée un soin particulier à l’intrigue et au développement des personnages.

Dans un avenir lointain, une société évolue autour d’un majestueux Baobab. Une société soudée par des règles strictes afin de permettre la longévité du peuple. Car voyez-vous, nous sommes en présence des habitants de la planète Terre d’après la grande catastrophe. Une société de survivant donc, ayant choisi d’oublier ce qui s’est passé, et avançant à taton et très précautionneusement afin de permettre à l’espèce humaine de perdurer.

Parmi eux, il y a Cami, et Cami est curieux/se et borné/e. Cami passe son temps dans la bibliothèque et malgré les nouvelles règles, nourrit sa curiosité. Jusqu’au jour où le conseil convoque Cami et Paule, un autre habitant de la société, afin de partir en exploration dans la zone inhabitée. Ils/Elles ont pour mission de comprendre ce qui a pu se passer afin d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. Mais ils/elles ont également pour mission de détruire les éléments du passés si ces derniers sont jugés trop dangereux ou irait à l’encontre des règles de leur société.

L’enjeu réside dans le non-dit. Ainsi, l’auteurice nous plonge dans un récit où les repères se comprennent au compte-gouttes, et cela commence avec la langue. Moins prononcé qu’un Will Self, aussi espiègle qu’un Damasio ou Vonarbug, Auriane Velten se joue du lecteur par l’utilisation de légère modifications de genre en inventant un genre neutre pour les besoins de son histoire. Une coquetterie pour certains, un agacement pour les plus réactionnaires, ou encore un intérêt certain pour la narration et pour les plus curieux. Mais dans tous les cas cette particularité de langage, offre un espace des possibles tout simplement jubilatoire. Paules et Cami qui sont ils/elles, que veulent dire ces mots et pourquoi d’ailleurs. Rien est gratuit ici et le sens se dessine petit à petit.

Tout naturellement, tout comme l’écriture, l’intrigue se déroulant dans un futur « post-post-apocalyptique », nous suivons une société ayant coupé tout lien avec son passé. Ainsi nous (re)découvrons cette Terre familière avec les regards d’explorateurices/archéologues devenant les témoins et les critiques de notre époque au fil des découvertes. Car After® à autant à dire sur les possibilités de la Science-Fiction que de dire sur notre époque et d’en tirer un constat plutôt amer. Sans jamais tomber dans le cliché, et servant à chaque instant l’intrigue, les analyses sont souvent fines et pertinentes.

Ce qui donne un premier roman, bien écrit, efficace, avec une histoire prenante. La fin est peut-être un peu trop prévisible, mais qu’à cela ne tienne, After® est un excellent premier roman, et Auriane Velten une jeune auteurice qui a des choses à dire et une imagination débordante.

Une belle découverte qui conviendra autant aux amateurs du genre qu’aux plus curieux  et amoureux des récits qui se jouent du lecteur.

Éditions Mnémos,
384 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

Vous aimerez aussi

Gwénola Carrère Extra-Végétalia 2 couverture

Gwénola Carrère – Extra-Végétalia II

Tombé par hasard lui sur Extra-Végétalia, l’homme tend à une exploration passive et primitive de cette nature dont il ne connaît pas les codes. Cependant, même s’il ne se place pas en colonisateur, il en dérange malgré lui l’harmonie fragile. Autour de lui, les réactions s’enchainent aussi bien dans la sève que dans les chairs, et sa présence bouscule la sérénité évolutive de la planète et de ses résidantes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Powered by keepvid themefull earn money