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Christophe Baltimore – L’Hippocampe

Adieu les clichés éculés de science-fiction autour des petits hommes verts et bonjour l’aventure scientifique teintée de mystère ! Avec ce premier roman, Christophe Baltimore, artiste peintre héritier de la figuration narrative, nous propulse dans une réalité où les vieux réfrigérateurs renferment plus de secrets que les archives les plus secrètes sur les OVNI. Il nous invite à un voyage passionnant (et autobiographique ?) où le frisson de l’inconnu se mêle à l’écho de la curiosité humaine. Attachez vos ceintures, et préparez-vous à être téléportés dans un univers activé par les rouages d’une machine tout aussi complexe que fascinante.

Le phénomène OVNI, ça vous dit quelque chose ? Bien sûr, c’est le contraire qui eût été étonnant, au vu de la passion mondiale qu’il suscite depuis la Seconde Guerre Mondiale, et tout particulièrement l’incident de Roswell en 1947. La fascination n’a dès lors cessé de grandir, écho à la curiosité humaine pour l’inconnu et l’inexpliqué. Et si la plupart des scientifiques restent sceptiques quant à la possibilité d’une vie extraterrestre telle que façonnée par la représentation médiatique, la recherche perdure dans des domaines comme l’astrobiologie et la recherche de signaux extraterrestres. N’en déplaise aux mécontents : l’ufologie peut donc être considérée par certains comme une pseudo-science, elle n’en rassemble pas moins nombre de défenseurs passionnés de ce qui est devenu un élément permanent de notre culture populaire.

Un élément tout aussi permanent que la manière d’adresser généralement le sujet. Et c’est là où Christophe Baltimore innove, en proposant d’éclairer, de manière tout à fait audacieuse, la vérité quant à la mystification de Roswell. Et tout commence… autour d’un frigo. Par un étouffant après-midi d’été, un jeune garçon – le narrateur, dit “Mimosa”, Christophe lui-même ? – fuit un violent orage en se réfugiant dans une vieille grange. Là, au milieu du désordre ambiant, son attention est attirée par un mystérieux objet ressemblant à un vieux réfrigérateur. Il l’ignore encore mais la découverte du secret enfoui au cœur de cet étrange appareil fera de lui, quelques années plus tard, le témoin d’une incroyable aventure scientifique qui trouve ses racines dans son histoire familiale.

“Mon grand-père était physicien. C’était un grand savant, brillant mais excentrique. D’un naturel modeste, il s’était toujours éloigné des mondanités attachées à ses fonctions de directeur de recherche et s’était interdit tous les honneurs et la reconnaissance internationale que son génie méritait. Depuis que les institutions publiques pour lesquelles il avait consacré la majeure partie de sa vie l’avaient contraint à prendre une retraite forcée, il s’était exilé avec ma grand-mère, loin du monde, dans une ferme et avait aménagé cette vieille grange en laboratoire clandestin. Ici, dégagé de toute contrainte, il pouvait enfin laisser libre cours à son imagination, fertile et déroutante.”

Et ce grand-père tout aussi savant qu’attachant, Mimosa le voit bien : il reçoit par la poste des documents, qu’il étudie avant de les renvoyer à son tour. Ont-ils un lien avec les enveloppes contenant le descriptif détaillé d’avancées technologiques hors normes, envoyées à divers savants à travers le monde du milieu des années 1950 au début des années 1980 ?

“D’où venaient ces enveloppes ? Qui étaient les expéditeurs ? Aucune idée. Mon grand-père restait toujours très vague lorsque je m’aventurais à l’interroger sur le sujet. Je savais qu’il entretenait nombre de correspondances, notamment avec ses étudiants mais ces courriers-là étaient d’une autre nature, je le sentais. A chaque réception de l’une de ces lettres, je détectais sur son visage un rictus d’inquiétude mêlé d’une sorte de joie intérieure comme si ce qu’il allait lire devait profondément bouleverser ses connaissances déjà immenses.”

Basé sur des événements authentiques, le récit nous fait redécouvrir des moments clés de l’histoire, à commencer par les premières heures de la conquête spatiale. Tout aussi simple qu’érudit, il est agrémenté d’apartés et d’introductions à caractère scientifique, autour, notamment, des paradoxes de la physique quantique, jusque dans la manière dont ils pourraient s’exprimer au quotidien.

Dans cette savante rencontre entre science et récit, l’auteur développe ainsi le concept d’holographie holistique. Ce principe fascinant, à la fois complexe et innovant, s’appuie sur les principes connus de la physique et de l’holographie, comme l’intrication quantique ou la superposition. Baltimore l’utilise pour explorer des réalités qui se superposent et interagissent, un peu comme des couches d’images dans un hologramme, permettant une représentation multidimensionnelle de l’univers. Cette approche, qui semble fusionner art, science et technologie, ouvre des portes vers des dimensions inexplorées où des phénomènes autrement difficiles à comprendre ou à observer deviennent visuellement et conceptuellement accessibles. L’holographie holistique suggère ici une vision du monde où chaque fragment de réalité, aussi minuscule soit-il, contient en lui-même l’ensemble du cosmos, révélant ainsi une interconnexion profonde et mystérieuse entre toutes les formes de matière et d’énergie.

Et comme il est peintre, Christophe Baltimore a lui-même illustré ce livre atypique de plus de quarante illustrations, venant en écho à un récit conçu comme un parcours initiatique. L’auteur, d’ailleurs, de préciser dans une note attachée à son premier roman :

“Vous avez entre vos mains mon manuscrit original, frappé, imprimé et édité tel quel en accord avec ma volonté de lui préserver toute sa spontanéité et son authenticité ; j’ai écrit ce livre comme je peins mes tableaux, en autodidacte et en toute liberté, m’autorisant parfois, pour orienter et appuyer mon propos, à transgresser certaines règles.”

Alors oui, vous pourrez vous toujours vous amuser à dénicher des coquilles dans le texte, mais nous vous invitons plutôt à exercer votre esprit critique sur le fond du sujet. Car L’Hippocampe de Christophe Baltimore est bien plus qu’un simple récit de science-fiction. C’est une œuvre qui entremêle habilement l’art, la science et le mystère, une invitation à remettre en question nos perceptions de la réalité. À travers les yeux de Mimosa et l’esprit brillant de son grand-père, Baltimore nous entraîne dans une quête fascinante qui défie les frontières entre le connu et l’inconnu, la science et la fiction. Ce voyage, enrichi par les illustrations personnelles de l’auteur, est une expérience littéraire immersive qui captivera à la fois les passionnés de mystères scientifiques et les amateurs d’histoires profondément humaines.

Alors, que vous soyez un sceptique des récits d’OVNI ou un fervent amateur de récits d’aventures scientifiques, L’Hippocampe vous invite à plonger dans un monde où chaque page dévoile un nouvel aspect d’un univers à la fois étrangement familier et incroyablement exotique. Laissez-vous transporter par ce récit audacieux, où chaque découverte remet en question ce que nous croyons savoir sur notre monde et, peut-être, sur nous-mêmes. Bonne lecture et bon voyage dans l’univers de Christophe Baltimore, un univers où il est sans cesse question de distinguer le vrai… d’UFO !

 

Editions Les Mille et une Foi
496 pages
Faustine

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