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affiche festival mauves en noir

Entretien avec Caroline de Benedetti, programmatrice du festival Mauves en Noir

Amateurs de roman noir, polar, thriller, livres d’énigmes, whodunit et autres réjouissances policières et/ou sociales, rendez-vous à Mauves sur Loire, à quelques pas de Nantes, les 27 et 28 avril prochain pour le festival Mauves en Noir, dont ce sera la 18ème édition.

L’occasion de rencontres et de découvertes en compagnie d’une quarantaine d’auteurs (majoritairement français) de roman noir sous toutes ses formes. L’affiche est prestigieuse, puisqu’on retrouve des incontournables du genre (Marin Ledun, Antoine Chainas, Jean-Bernard Pouy pour en citer quelques uns), des talents prometteurs (notamment Benjamin Fogel dont le roman La transparence selon Irina paru chez Rivages est une réussite – restez à l’écoute, on en reparle très bientôt dans Un dernier livre), des auteurs du cru (Stéphane Pajot) ou venu de l’autre côté de l’Atlantique (l’écrivain québécois Eric Plamondon dont le roman Taqawan a marqué l’année écoulée).

Bref, une belle affiche qui mérite qu’on s’y attarde, qui mérite surtout qu’on mette en lumière ce festival à taille humaine. Pour cela, laissons la parole à Caroline de Benedetti, programmatrice du festival et fondatrice de l’association Fondu au Noir, spécialisée – évidemment – dans le polar et le roman noir (publiant notamment la revue L’Indic qui s’évertue à explorer le genre, dans chacun de ses numéros, à travers des thèmes précis).

Les 27 et 28 avril prochains aura lieu le festival Mauves en Noir, 18eme édition d’un festival qui met à l’honneur le polar et la littérature en noir. Quelle est l’ambition du festival, quelles sont ses particularités et originalités ?

L’ambition du festival c’est de faire plaisir, de montrer toute la richesse du polar qui va du roman d’enquête au thriller en passant par le roman noir, et de créer des rencontres. Par dessus tout, c’est aussi l’idée de faire vivre le livre et la lecture. Les écrans nous happent, nous devons tous lutter contre cette tentation !

Les particularités de Mauves en Noir sont je pense dans son esprit, son caractère, son ambiance. C’est le cas de nombreux festivals à taille humaine, faits par des gens souriants et accueillants. Au point que les auteurs demandent à venir, et revenir. Ce sont les huîtres et le muscadet, c’est la verdure du Vallon, de belles expériences d’hébergement chez l’habitant (et de moins bonnes, parfois, l’humain…).

Parmi les particularités du festival, il y a la mise à l’honneur, chaque année, d’un pays ou d’une langue. Cette année, ce sera au tour de la Roumanie, un pays peu connu pour sa littérature noire. Présente nous le polar roumain. Trouve-t-on des thèmes particuliers, des convergences entre les différents auteurs ?

Ah mais c’est un peu une colle ça. Le polar roumain n’est pas très connu car il est peu traduit. Il est donc difficile d’avoir une vision d’ensemble et de définir des caractéristiques. George Arion a 73 ans, c’est une figure du genre, journaliste, éditeur, il parle de la Roumanie sous Ceausescu, manie l’humour et des intrigues classiques, de l’espionnage… Bogdan Teodorescu est plus jeune, il a 55 ans et deux romans traduits en France à ce jour. Avec lui on apprend à connaître la Roumanie d’aujourd’hui.
Il faut venir les écouter parler au festival, je pense qu’ils nous donneront les réponses à ces questions !

Concernant le choix de la Roumanie en particulier, c’est aussi lié à l’idée de profiter de l’élan des années culturelles programmées par l’Etat. De nombreuses animations ont lieu toute l’année en France. La Roumanie nous semblait un bon choix, car même avec peu d’auteurs traduits en France, le polar roumain mérite ce focus. Avec lui, on découvre mieux le pays, tout comme Mauves en Noir avait fait un focus sur le polar allemand, que les lecteurs méconnaissent vraiment.

 Un mot sur la programmation et les auteurs invités. Qu’est-ce qui motive les choix du festival ? Une volonté de représenter toutes les facettes du polar, les niches, les livres aux frontières des genres ?

Il faut essayer de montrer la diversité du genre oui. C’est ce qui est intéressant, et ce qui touchera le plus de lecteurs.

Bien sûr il y a une tendance, une “couleur”, Mauves est plutôt roman noir c’est indéniable. Mais nous ne sommes pas fermés, et les partenariats comme celui avec la bibliothèque pour le Prix Polar, permettent de croiser les idées.

De mon côté, j’essaie de ne pas raisonner par rapport à mes goûts. Et puis nous nous sommes fixés quelques règles : ré-inviter des auteurs et autrices qui ne sont pas venus depuis quelques années, avoir quelques piliers, faire une place aux auteurs qui ne sont jamais venus, et aux premiers romans. Avec 19 auteurs qui viennent pour la première fois à Mauves cette année, on tient le pari !

Le reste du défi, c’est de se renouveler, de s’ouvrir. L’année dernière je tenais vraiment à parler de la frontière des genres à travers une table ronde, pour montrer que rien n’est figé. Maintenant j’aimerais que des auteurs (re)connus comme auteurs de “blanche” (Tanguy Viel, Yves Ravey, et plein d’autres) participent au festival. Ils ont écrits des polars, ils ont donc leur place à Mauves car ce qui compte pour nous, c’est la qualité.

Pour en savoir plus, quelques liens :

Le site de Mauves en Noir – https://www.mauvesennoir.com/

Et le site de l’association Fondu au Noir  – http://fonduaunoir.fr/

Alexandre

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