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Jack Vance – Les maîtres des dragons

Les éditions du Bélial ont entrepris depuis quelque temps de réhabiliter, avec beaucoup de goûts et un immense respect, les œuvres de Jack Vance. Ainsi, nous avions pu découvrir ou redécouvrir l’impressionnante intégrale des nouvelles de l’auteur en deux tomes de plus de mille pages chacun, le pulp “Les vandales du vide”, ainsi que six autres roman comprenant « Croisades » ou encore « Le dernier château ».

Continuant son travail d’archéologue de la littérature de science-fiction, et après nous avoir grandement emballé avec l’intégral des nouvelles de Frank Herbert, il était temps de proposer une nouvelle édition de la novela « Les maîtres des dragons ».

Un peu de contexte avant tout, sorti en 1962 dans la revue galaxy, puis l’année suivante dans la collection culte « Ace double » avec son autre roman « Les cinq rubans d’or », “Les maîtres des dragons” remporta le prestigieux prix Hugo et connu sa première édition en France en 1965 dans le numéro 14 de la revue Galaxie, avec une traduction de Michel Deutsch. Depuis ce roman court connu quelques éditions en poche chez Pocket, avant d’enfin connaître une traduction plus fine et propre au style de l’auteur avec le merveilleux travail de Brigitte Mariot en 2004 pour la réédition chez Denoël dans un groupement de texte du même auteur.

Les éditions du Bélial, en 2019 lors de la publication de l’intégrale des nouvelles, intégrèrent ce texte dans le second volume, avec la traduciton de Brigitte Mariot. Mais conscient de l’importance de ce récit, et souhaitant offrir toutes ses chances d’enfin connaître la gloire qu’il mérite, l’éditeur nous propose enfin une version à la hauteur de l’œuvre.

Exit le format poche, ou les compilations de texte, toujours dans cette volonté de vouloir réhabiliter les œuvres des auteurs qui ont défini le genre moderne, sort enfin en 2021 une version illustrée avec énormément de soin par Nicolas Fructus à qui l’on doit déjà les illustrations pour « Harrison Harrison » de Daryl Gregory ou encore « Lépée brisée » de Poul Anderson et qui marqua les esprits en 2019 pour le sublime travail d’illustration sur «  La quêtre onirique de Vellitt Boe » de Kij Anderson qui lui fit gagner le Grand Prix de l’Imaginaire dans la catégorie graphisme.

“Les maîtres des dragons” est une novella de science- fiction s’articulant autour d’une planète Aerlith, un bastion de l’humanité étant hanté par les souvenirs d’anciennes batailles avec les Basiques, un peuple extraterrestre maîtrisant les bons dans l’espace temps et ayant une puissance de destruction sans égal.
Joaz Banbeck, en a l’intuition, une guerre prochaine est à craindre. Dans ce contexte et en tentant d’unifier les clans, notamment avec son ancien rival Ervis Carcolo, ainsi que les mystérieux sacerdotes, sortent de « plus qu’humain », l’éleveur de Dragons Joan Banbeck est persuadé qu’ils peuvent anéantir les flottes ennemies et se libérer de ces extraterrestres qui kidnappent les humains pour les asservir.

Ce qui fait la force de Jack Vance, et en replaçant dans le contexte, c’est cette capacité à construire des univers riches et complexes d’une incroyable cohérence d’un esthétisme et d’une élégance rare. Nous trouvions déjà ce symptôme-là dans ses nouvelles plus courtes, mais en prenant le temps et notamment en travaillant l’univers ainsi que les rivalités entre Carcolo et Banbeck ou encore le mystère entourant les Sacerdotes, Jack Vance s’impose définitivement en véritable architecte de monde.

Certes, il y a une approche peut-être un peu trop « pulp » par moment, et l’on sent le kitsch que l’on a pu connaître plus tard. Mais il ne faut pas oublier que ce roman vient bien avant tout ce qui a pu exister par la suite dans la culture populaire. Ainsi cette  touchante désuétude prend tout son charme du moment que l’on accepte de se laisser porter par la narration de Jack Vance.

Que dire des illustrations de Nicolas Fructus, si ce n’est qu’elles sont encore une fois sublime et servent intelligemment le récit. En contribuant à donner une cohérence d’ambiance au texte, le tout propose un rendu dense et riche.

“Les maîtres des dragons” est court mais dense, proposant un roman de science-fiction à l’univers complet et original, il fait parti de ses propositions de monde qui ont pu donner ses plus beaux atours à cette vague SF par des auteurices qui s’imposaient comme d’inlassables explorateurices de monde.

Une petite merveille à lire et relire tant pour l’objet actuel pour la qualité du récit proposé que pour l’impact qu’il a pu avoir sur d’autres auteurices et univers.

Editions Du Bélial’
Trad. Brigitte Mariot,
Illustrations Nicolas Fructus,
192 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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