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John Ashbery – Autoportrait dans un miroir convexe

La collection américaine des éditions Joca Seria existe depuis 15 ans. A l’occasion de cet anniversaire, une traduction inédite d’un livre phare de John Ashbery a été publiée. Autoportrait dans un miroir convexe est ici traduit par Marc Chénetier, Olivier Brossard et Pierre Alferi. Il pourrait y avoir quelque chose d’impressionnant à ouvrir un tel livre. Il fut encensé par la critique dès sa sortie en 1975 et lauréat de trois prix prestigieux : Pulitzer, National Book Award et National Book Critics. Ce recueil en est devenu une pierre angulaire dans l’écriture contemporaine. Mais osons pousser la porte entrouverte en empruntant un chemin parsemé d’inventivité.

Au-delà de sa complexité, Autoportrait dans un miroir convexe offre une autre perception sur ce qui nous entoure. John Ashbery se confronte à l’image. Il n’est pas pour autant dans un élan descriptif, mais participe à l’élaboration du regard par l’écriture. La particularité de sa poésie propose à son époque un renversement des règles établies. La poésie ne décrit plus et ne récite plus. Le temps se perçoit différemment. C’est l’angle du vers et de la phrase qui donne le rythme.

Néanmoins, l’illisibilité ne contraint pas le plaisir de la lecture. Autoportrait dans un miroir convexe se compose à la fois de poèmes courts, qui se condensent esthétiquement, et de poèmes longs qui, à « grand galop » (pour reprendre le titre de l’un d’entre eux), se placent dans une narration qui dépasse la notion de récit. Il y a alors une substantifique moelle derrière la dureté de l’os, questionnant notre capacité à percevoir.

Puis le poème-titre, qui clôt le recueil, bouscule toute analyse et se pose calmement dans une confrontation entre l’auteur et le tableau qui donne le nom à ce poème, réalisé vers 1524 par le peintre italien Parmigianino. Le poète voit dans la bizarrerie de cet autoportrait un moyen d’étudier son travail.

En postface de cette édition, Marc Chénetier revient longuement sur ce poème et contredit les différentes analyses en affirmant que John Ashbery ne veut pas ici brosser son propre portrait, mais vient appuyer son effort de renverser la poésie de l’autre côté du miroir.

Éditions Joca Seria

Traduit de l’anglais (États-Unis)  par Marc Chénetier, Olivier Brossard et Pierre Alferi

148p

Adrien

À propos Adrien

Passionné de poésie contemporaine et attaché à l'écriture sous toutes ses formes, engagée ou novatrice.

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