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Mark SaFranko – Putain d’Olivia

Le plus « Frenchie » des auteurs américains nous avait marqué avec sa quadrilogie sur Max Zajack.

La fin de 13e Notes Editions avait pu nous faire croire que l’on entendrait plus parler de cet auteur talentueux. Mais c’était sans compter sur les éditions Inculte qui ont publié depuis son polar (Suicide) et La Dragonne qui ont publié deux recueils de nouvelles ( Incident sur la 10e avenue ; Léger glissement vers le blues) ainsi qu’un roman inédit et seulement publié en France (Un faux pas). Alors quand vient la rentrée littéraire et que « Putain d’Olivia » ressort dans une toute nouvelle traduction, c’est le Dirty Realism qui revient sur le devant de la scène tout en nous éclaboussant de toute sa splendeur crasse.

Putain d’Olivia est le livre de l’obsession. Comment une relation peut devenir une drogue, avec une véritable dépendance aussi bien mentale que physique. Comment cette relation peut devenir le pire poison du monde lorsqu’elle ne marche plus mais que par dépendance on est incapable de s’en défaire. Comment peut-on avoir aussi peu d’estime de soi et se rabaisser à ce point là pour une personne qui nous fait du mal. Jusqu’où est-on prêt à aller dans la folie ?

Il s’agit également de l’obsession de réussir, de devenir quelqu’un, d’être un écrivain. C’est le roman de la soif de Mark Safranko. La soif du mot, du verbe, de la phrase, de la « punchline ». Parce que voyez-vous l’auteur écrit comme il boxe, ça percute, esquive, feinte, ça met le lecteur en sueur et l’envoie dans les cordes. Là cadence est soutenue et le souffle est court, on ne sait pas l’issue du match, mais l’on sait que l’on ne finira pas indemne.

Quand l’écriture devient vitale et nécessaire, quand elle devient une alternative à la folie et l’abandon, quand l’espoir naît dans l’idée un peu folle et surtout désespéré de terminer un roman, pardon Le roman et de se faire publier.

Mais il s’agit aussi d’un véritable hommage à 37.2 de Philippe Djian, à Bukowski et ses contes de la folie ordinaire ou encore Fante, Simenon ou Dostoïevski. Un hommage à tous ces marathoniens du mot pour qui l’écriture était bien plus que des mots sur une feuille.

Putain d’Olivia dans un style très âpre et dans son besoin d’urgence nous plonge dans une spirale vertigineuse où l’obsession et la dépendance ravagent tout sur leur passage.

Vous ne pouvez pas passer à côté, mais vous n’en sortirez pas indemne.

345 pages
Trad. Annie Brun
Préface Dan Fante
Éditions La Dragonne
Ted.

À propos Ted

Ted
Fondateur, Chroniqueur

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