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Peter Watts – Echopraxie

Nous allons mettre les choses au clair d’entrée de jeu. Echopraxie est un excellent roman de Science-Fiction. Bien qu’étant la suite de « Vision Aveugle », Peter Watts a su développer une variation autour de ses obsessions pour proposer une suite qui peut se lire indépendamment. Voilà qui est dit, et si c’est le seul point qui vous intéresse, vous pouvez refermer cet article.

C’est toujours délicat quand il s’agit de parler d’un livre, d’être objectivement pertinent. Et un roman de Peter Watts ne déroge pas à la règle. Enfin du moins c’est ce qu’il est permis de se dire en général.

Car voyez-vous Peter Watts n’est pas un écrivain de Science-Fiction, c’est avant tout et surtout un auteur qui aime taper large. Un écrivain qui déploie une palette stylistique impressionnante et méchamment rock n’roll, limite punk par moment.

Et là aussi, Echopraxie n’échappe pas à la règle. Stylistiquement parlant, nous sommes face à une merveille d’écriture, une narration empruntant autant à la SF, qu’à la littérature metafictionnel, au dirty realism ou encore au roman noir. Un déploiement stylistique qui n’est pas gratuit pour autant, car l’auteur sait le mettre à chaque instant au service de son histoire. Qui d’ailleurs, parlons en succinctement :

Echopraxie revient sur Terre, du moins au début, nous suivons les péripéties de Daniel Brüks, un biologiste, en plein milieu du désert, et qui étudie les mutations des animaux dans ce secteur. En soi un quotidien plutôt sans surprise. Mais ce dernier se retrouve à devoir fuir son camp d’étude et se réfugier dans un monastère de scientifique bicaméraux lorsque des morts-vivants viennent à l’attaquer. Une fuite en emmenant une autre, Daniel va se retrouver dans l’espace, à bord d’un vaisseau, en compagnie d’une équipée sauvage plutôt éclectique, comprenant une vampire, des zombies, un soldat, une pilote et des « bicaméraux », à destination du soleil, plus précisément de la station Icarus.

L’histoire se passe quelques années après Vision aveugle, et bien qu’Echopraxie arrive à se suffire à lui-même, la lecture du précédent volet permet de comprendre toutes les subtilités de l’histoire, au-delà de la narration principale entre autres.

C’est une constante chez Peter Watts, et ici, c’est encore le cas, l’auteur aime aborder plusieurs concepts scientifiques et/ou philosophiques pour nous noyer dans une sorte de mille-feuille conceptuelle. Dans une certaine mesure, pousser les expériences de pensées à son extrême et nous projeter dans un avenir aussi foutraque et inquiétant que rocambolesque et grandiose.

Ainsi, nous abordons sans détour la question de l’humanité, et notamment de cette dernière à l’ère des modifications génétiques et psychiques, mais aussi et surtout, Peter Watts nous questionne sur le rôle de la conscience, le réel et l’existence de Dieu. Bien entendu, il y a son lot de questionnement purement scientifique, comme les modifications génétiques et l’évolution de l’espèce humaine à l’heure des possibles que propose la science. Mais nous trouvons aussi son lot d’explication tentant de démystifier le fantastique en lui donnant une forme logique et pragmatique qui cadre parfaitement avec le roman. Mention spéciale pour l’explication autour des vampires et leurs problèmes avec les croix.

En Bref, Echopraxie est un excellent roman, une très bonne suite et un texte de science-fiction impressionnant par ce qu’il propose et son déploiement narratif. Mais surtout, Echopraxie, nous prouve encore une fois que Peter Watts est définitivement un grand auteur, pas le plus accessible peut-être, mais un grand auteur à qui il faut absolument donner une chance, par curiosité, par envie d’être poussé dans ses retranchements ou tout simplement pour découvrir d’autres possibles, d’autres imaginaires comme seul lui à le secret.

Éditions Le Bélial’,
trad. Gilles Goullet,
Illustrations Thomas Walker,
Couverture Manchu,
480 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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