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Richard Powers – Le dilemme du prisonnier

Richard Powers est une énigme littéraire. Un univers complexe, rempli de strates de savoir, de couches de connaissances et qui peut paraître abscons. Un auteur aventureux qui s’évertue à décrire un monde régi par une dynamique ethnologique, scientifique et artistique hors du commun, que l’homme moderne et bien pensant refuse de voir.

« Le dilemme du prisonnier » est son second roman, il l’a écrit après « Trois fermiers s’en vont au bal » et avant « The Gold Bug Variations » (inédit en France). Ce roman révèle, au travers du prisme d’une famille américaine moyenne, une vision de l’Amérique de la seconde guerre mondiale, de l’exposition universelle à la fin de la seconde guerre mondiale. A travers les énigmes d’un père à l’agonie et les tribulations de sa femme et de leurs quatre enfants le lecteur visite une Amérique fantasmée – celle de Disney- ; méfiante – la déportation des immigrés japonais pour la sûreté du territoire- ; mais surtout d’une Amérique en marche – Oppenheimer, Los Alamos, Trinity- .

Rarement il m’a été permis de dévorer à ce point-là un roman. Pour être totalement franc, Richard Powers faisait partie des auteurs qui m’intimidaient. Il avait cette espèce d’aura qu’ont William Gass, James Joyce, Malcolm Lowry ou Paul Verhaeghen. Il faisait partie de ce genre d’auteurs que je tiens tellement en respect que je n’ose pas me lancer de peur de rater complètement « l’énormité » du texte.
Mais « Le dilemme du prisonnier » me faisait du charme depuis sa sortie dans la collection Lot49, quant à sa récente publication en poche chez 10/18, elle a fini de me tenter et le plaisir, ainsi que la satisfaction d’avoir compris l’univers de l’auteur, sont au rendez-vous.

La flamboyance transcende chaque ligne, comme un Vollmann ou un Tom Drury chaque paragraphe transpire le génie, son roman transporte et transforme le lecteur au fil des pages, des chapitres, de l’histoire. Ce roman nous fait grandir.

Je ne mentirai pas, ce n’est pas forcément un auteur facile d’accès, il faut accepter d’être un peu malmené au début, de comprendre son rythme, son style, j’avais essayé un de ses autres romans et j’étais complètement passé à côté !
Mais si le cœur vous en dit, que vous voulez vous investir dans une lecture et surtout accepter l’idée de lire quelque chose d’unique, alors foncez ! « Le dilemme du prisonnier » est un grand roman.
9782749128429_1_75Cherche Midi // Collection Lot49
Editions 10/18
530 pages

Ted

À propos Ted

Ted
Fondateur, Chroniqueur

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