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Robert Jackson Bennett – Les maîtres enlumineurs

Après un premier roman, Mr. Shrivers en 2013 chez Eclipse, puis le coup de cœur quasi-unanime pour son roman récompensé du prix Shirley Jackson, à savoir «American Elsewhere » en 2018 dans la collection imaginaire d’Albin Michel, nous attendions Robert Jackson Bennett au tournant avec son prochain conte fantastico-horrifique.

Mais ce serait occulter le talent de ce dernier, et surtout omettre le fait que l’auteur possède plusieurs cordes à son arc dans la littérature de genre. Ainsi, nous retrouvons Robert Jackson Bennett avec une trilogie, surtout dans un nouveau registre, à la croisée des mondes entre science-fiction et fantasy avec quelques touches de Steampunk.

Les maîtres enlumineurs est le premier tome de la trilogie du même nom. Écrit en 2018, et publié par Albin Michel Imaginaire en 2021, nous plonge dans le premier volet avec une traduction impeccable de Laurent Philibert-Caillat ( déjà à la traduciton d’American Elsewher) et une magnifique illustration de couverture de Didier Graffet (allez voir son travail sur internet, c’est magnifique!).

Découvrant Sancia, une cambrioleuse ayant le don de revivre le passé immédiat des objets, elle vit de contrats que lui procure les grandes famille de la cité Tevanne. Une cité portuaire ayant la particularité de maîtriser la technologie/magie que l’on appel l’enluminure. Il s’agit ici, par le truchement de codex, d’améliorer la physique ou les caractéristiques d’objets. Par exemple faire gagner en résistance et en vélocité une flèche, ou rendre plus résistant un mûr. Sancia, grâce à son don peur entendre les enluminures des objets et ainsi découvrir le vécu immédiat de ces derniers.
Mais Lors d’un contrat, tout ne se passe pas comme prévu, et Sancia se retrouve traquée pour une mystérieuse boite qu’elle vient de dérober. Une boite possédant un encore plus mystérieux artefact, une clé possédant un immense pouvoir.

Robert Jackson Bennett ne déçoit pas, au contraire, ici avec ce premier tome, l’auteur construit un univers fascinant et cohérent. S’attachant à travailler des personnages complexes et complets, il n’en n’oublie pas pour autant la cohésion de l’univers. Ici, tout est minutieusement travaillé. Ainsi les clans, mais aussi les quartiers plus pauvres, le port, ou encore certains corps de métiers, tout est développé pour offrir un univers riche. Mais ce qui fascine en filigrane et prendra de l’ampleur dans le second tome, est toute la particularité des enluminures et des créateurs, une civilisation depuis longtemps disparu, les Hiérophantes. Les enluminures permettent à l’auteur de s’amuser avec la physique, de jouer avec notre imagination et de donner une immense sensation de liberté.

L’on pourrait reprocher à l’auteur son style d’écriture, très simple et formaliste, mais ce serait faire abstraction de l’énorme travail sur le rythme et l’ambiance, car pas une seule fois, vous allez vous ennuyer ou êtes sortie de l’histoire par une maladresse. Oui, l’écriture est simple et fonctionnelle avant tout, mais l’auteur à tellement à proposer dans son univers, que l’on pardonne très vite son style d’écriture pour finir par l’oublier au profit de l’histoire.

Impossible de ne pas penser à la récente série Netflix « Arcane » ainsi qu’au Lore de League of Legends, tant les deux univers se font échos, Sancia et Vi même combat ? En tout cas, on se prend d’affection pour les deux personnages de la même manière et il est tout autant agréable de se perdre dans les deux univers.

Le premier tome des Maitres enlumineurs est une réussite, un modèle du genre. Avec son rythme, son ambiance, son univers et ses personnages, Robert Jackson Bennett a construit un tout cohérent, codifié sans jamais être vernaculaire ou ennuyeux. Une réussite qui promet pour les deux autres tomes.

Albin Michel Imaginaire,
Trad. Laurent Philibert-Caillat
635 pages,
Ted.

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Fondateur, Chroniqueur

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