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Olaf Stapledon – Créateur d’Étoiles

Belle surprise que nous réservent ici les éditions Les Moutons Électrique, en rééditant « Créateur d’étoiles » d’Olaf Stapledon. Peu connu en hexagone, ce livre, publié initialement en Angleterre en 1937, fut édité en France en 1966 avec Brigitte André à la traduction – édition très critiqué, notamment par un certain Gérad Klein – avant d’être repris en 1970 et 1979 respectivement par les éditions Rencontres, puis les Nouvelles Éditions Oswald.

Bien qu’ayant connu un parcours plutôt chaotique chez nous, il faut reconnaître qu’ailleurs, Créateur d’Étoiles rencontra un succès d’estime et critique. Un « Classique moderne » pour le journal le Time, ou encore un chef d’œuvre pour d’autres journaux, le titre se fit une réputation autant auprès des journalistes que des ateurs et autrices de l’époque, allant même jusqu’à être salué par Virginia Woolf ou encore Jorge Luis Borges, le qualifiant de roman prodigieux.

Mais ce qui frappe tout particulièrement ici, c’est l’influence qu’il a exercé depuis. Qu’il s’agisse de fiction ou de Science-fiction, le roman de Stapledon fut régulièrement cité comme référence incontournable pour Arthur C. Clarke, Brian Aldiss, Satnislaw Lem, Doris Lessing, Bruce Sterling, Stephen Baxter, …

Vous l’aurez compris, lecteur qui parcourez ces lignes, Créateur d’Étoiles est tout sauf anecdotique. Mais de quoi parle-t-il ?

Son résumé pourrait tenir en quelques lignes, un soir, alors que sa femme est à la maison, notre protagoniste (jamais nommé) est installé sur le sommet d’une colline à contempler les étoiles. Démarrant un monologue, ses pensées dérivant entre l’époque qu’il vit et son existentialisme, petit à petit il se surprend à dériver au travers des objets célestes qu’il contemple, laissant son esprit entreprendre un voyage mental sans commune mesure, abandonnant ainsi sa condition humaine, pour découvrir ce qui se cache au loin, derrière ses points brillants dans ce ciel obscur et infini.

Démarre ainsi une épopée cosmique loin des aléas de notre Terre, loin du tumulte de la Seconde Guerre mondiale et surtout loin de sa routine.

Autant le dire de suite, ce roman est à la hauteur de sa réputation. Bien que datant de 1937, grâce à la superbe nouvelle traduction de Leo Dhayer, le livre d’Olaf Stapledon ne souffre pas de l’épreuve du temps. Au contraire, ici, nous découvrons un texte fédérateur qui revient au fondement même de ce qui fait la force de la littérature de genre au sens large, et de la Science-Fiction en particulier, à savoir la puissance d’évocation.

Ici, tout est débridé et décloisonné, l’imaginaire de l’auteur s’autorise toutes digressions et possibles sortant du cadre introspectif pour offrir un périple aussi enivrant que sans limite. Ainsi le texte, se jouant finalement de la forme s’affranchit des limites physiques, d’espace et de temps pour nous plonger dans un rapport enivrant avec ce monde inconnu qui nous entoure.

Olaf Stapedon ne considérait pas son texte comme un roman, mais plutôt comme une sorte de longue digression philosophique ayant bons nombres de points communs avec le récent « La nuit du Faune » de Romain Lucazeau, de par la démesure du voyage et des possibles, et qui lui aussi, bien que prenant les atours du roman, s’autorise avant tout à être une oeuvre philosophique.

Les moutons électriques, avec cette édition, donnent une nouvelle chance à ce « Créateur d’étoiles » de briller et enfin de conquérir le lectorat qu’il mérite. Que vous aimiez la littérature de genre, ou plus largement la littérature en général, il faut lire le texte d’Olaf Stapledon pour ce qu’il raconte, pour la poésie qui s’en dégage, pour la démesure de son imagination mais aussi pour ce qu’il a apporté à la littérature depuis. Un texte grandiose et incontournable.

Les Moutons Électriques,
La bibliothèque Voltaïque,
Trad. Léo Dhayer,
318 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

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