Accueil » Fantasy/SF » Richard Cowper – Le crépuscule de Briareus

Richard Cowper – Le crépuscule de Briareus

John Middleton Murray JR. écrivait ses romans de Science-Fiction sous pseudonyme. Démarrant sa carrière dans les années 50, il a d’abord écrit sous le nom de Colin Murry ( Colin en référence au surnom que lui donnait sa grand-mère), quatre romans, ne faisant pas partie de la littérature de genre. Ce n’est qu’à partir de 1967 et son roman « Les cavernes du sommeil » qu’il optera pour le nom de Richard Cowper et entrera ainsi dans le domaine qui nous intéresse ici, la science-fiction.

En France l‘auteur eut une première fois sa chance grâce au travail de la maison d’édition Denoël qui publia entre 1976 et 1985 cinq de ses romans (dont “Le crépuscule de Briareus”, ainsi que la trilogie de “L’oiseau blanc de la fraternité”) ainsi que trois recueils de nouvelles. En parallèle, d’autres maisons tentèrent leur chance Presse de la cité, Lattès et Opta), sans pour autant réussir à inscrire l’auteur dans le panthéon des incontournables de la science-fiction.

Ainsi, Richard Cowper était tombé dans l’oublie, jusqu’à l’arrivée de la maison Argyll Le Crépuscule de Briareus, bénéficie dans cette présente édition d’une révision prestigieuse de la traduction original ( Claude Saunier) par Pierre-Paul Durastanti, ainsi qu’une postface passionnante de Christopher Priest et une interview de l’auteur tout aussi intéressante.

Le crépuscule de Briareus, c’est l’histoire d’une supernovae, à 132 années-lumière, qui va bouleverser la vie sur Terre lorsque l’onde de choc va frapper notre planète. Outre les conséquences climatiques, un effet secondaire, et inattendu, va frapper l’espèce humaine. L’humain est devenu stérile, et nos sociétés s’écroulent suite à cette découverte. Entre dérive autoritaire, fatalisme et quête de sens, les conséquences sont tout autant désastreuse que l’air glaciaire provoqué par la mort de l’étoile Briareus. C’est dans ce contexte que nous découvrons et suivons, Margaret et Calvin, qui tentent de survivre dans une Angleterre dévastée. Un périple qui va les mener chez Elizabeth, une jeune femme née peu après les conséquences de la supernovae.

Comment décrire une société en déroute, c’est le pari ici mené avec intelligence par Richard Cowper, en déconstruisant ce qui fait de nos civilisations des civilisations, l’auteur recentre la catastrophe et ses conséquences à une échelle plus humaine, voir intime. Ici nous vivons la catastrophe et ses conséquences sur nos sociétés et notre environnement à échelle humaine.

Dans un style plutôt direct, privilégiant les moments de tensions et les dialogues pour rythmer son histoire, Richard Cowper parvient à plonger son lecteur dans un univers d’une vraisemblance glaçante, et ce, malgré quelques passages ou propos qui font grincer des dents en 2021. Le roman est le produit de son époque, et au-delà d’une science-fiction totalement réussie, avec notre regard d’aujourd’hui, forcément ce qui n’allait pas à l’époque nous saute aux yeux aujourd’hui.

Malgré ces défauts qui attestent d’une période autre, Le crépuscule de Briareus est un excellent roman de Science-Fiction, témoin d’une littérature de genre anglaise, des années 60/70 qui fut trop souvent reléguée au second plan par l’imposante abondance d’outre antlatique. Il est intéressant, amusant et intriguant même, de redécouvrir cet auteur aujourd’hui, d’un côté pour l’originalité de l’histoire, mais aussi pour son style, moderne et efficace qui n’a rien à envier aux auteurs actuels.

Enfin, saluons l’audace de la toute jeune maison d’édition Argyll, qui ose se lancer dans la redécouverte d’un auteur qui était tombé dans l’oubli en Hexagone. Ainsi avec la publication de ce titre puis de l’intégrale de « L’oiseau blanc de la fraternité », Argyll ose l’aventure et prend un grand risque en se lançant avec un titre de SF/New age d’un auteur anglais oublié chez nous.

Le crépuscule de Briareus est une belle redécouverte et espérons-le un pari gagnant pour Argyll, en tout cas nous leur souhaitons.

Argyll éditions,
Trad. Claude Saunier,
Revision par Pierre-Paul Durastanti,
271 pages,
Ted.

À propos Ted

Fondateur, Chroniqueur

Vous aimerez aussi

Gwénola Carrère Extra-Végétalia 2 couverture

Gwénola Carrère – Extra-Végétalia II

Tombé par hasard lui sur Extra-Végétalia, l’homme tend à une exploration passive et primitive de cette nature dont il ne connaît pas les codes. Cependant, même s’il ne se place pas en colonisateur, il en dérange malgré lui l’harmonie fragile. Autour de lui, les réactions s’enchainent aussi bien dans la sève que dans les chairs, et sa présence bouscule la sérénité évolutive de la planète et de ses résidantes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Powered by keepvid themefull earn money