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Cassandre à bout portant Sandra Moussempès couverture

Sandra Moussempès – Cassandre à bout portant

Derrière la couverture rose et le portrait d’une femme sans visage se cache en creux un autoportrait. En effet, Cassandre à bout portant dévoile de façon complexe la poète Sandra Moussempès. Sa poésie se fait jeu de miroir où le féminin se construit en figures tutélaires, entre les post victoriennes et le New-Age cinématographique. Sandra Moussempès entremêle d’étranges images au cœur de sa prose pour mieux épaissir le mystère. Ce qui fait la beauté d’un tel recueil est justement ce qui en est insondable. « Livre après livre on restitue les traumas même s’ils ne font pas d’avantage comprendre ce qui s’échappe du poème » écrit la poétesse vers la fin du recueil.

Au fil des pages, nous sommes happés dans un onirisme bien particulier. Les images créées sont autant de portraits non fixés. C’est un peu comme si nous nous baladions au cœur de ce qui constitue la poétesse, où les images et autres tableaux sont au sol, parfois recouvert par des draps blancs. Mais ce n’est pas un manoir où tout semble plus mort que vivant. Au contraire, la vitalité de la poésie de Sandra Moussempès réside dans le mystère qu’elle déploie.

Ainsi la poétesse convoque des images pour mettre, avec le poème, des mots sur sa condition. La poésie est un exercice incantatoire pour Sandra Moussempès. Elle y interroge sa féminité. Celle-ci est bien plus complexe que les stéréotypes qu’on lui attribue. Ce n’est pas pour rien qu’en exergue de Cassandre à bout portant, elle cite Cindy Sherman avec cette phrase « Nobody’s Here But Me ». Le portrait ne se dévoile pas facilement. C’est sûrement à force de le dévoiler qu’il devient insaisissable. Sandra Moussempès semble écrire avant tout pour ça : voir au-delà du miroir ce qui semble s’y réfléchir.

Cependant Cassandre à bout portant n’est pas un recueil hermétique. Cette poésie propose une multitude d’images qui flottent autour du lecteur. Nous lisons comme nous rêvons. Rien n’est plus enivrant qu’un monde fait d’images étranges. C’est là que réside l’aspect ludique de cette poésie. La lecture rend sensible un imaginaire. Sandra Moussempès convoque l’ensemble de ces précédents livres comme pour faire le point. Cassandre à bout portant est une forme de bilan. La lecture en devient un point en suspension dans une œuvre à (re)découvrir.

Éditions FlammarionCassandre à bout portant Sandra Moussempès couverture

174p

Adrien

À propos Adrien

Passionné de poésie contemporaine et attaché à l'écriture sous toutes ses formes, engagée ou novatrice.

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