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Beppe Fenoglio – Le printemps du guerrier

9782366240764FSRome, été 1943.

Mussolini peine, son régime, despotique au possible, n’attire plus autant les foules qu’avant et il voit, dans le sillage tracé par Hitler, sa chère Italie s’égrainer au rythme de la défaite. Les soldats, pourtant partisans dans les premières années de la guerre, déchantent rapidement et désertent. Les officiers ouvrent la marche, refusant de tenir leurs responsabilités, suivi de près par les troupes italiennes. L’armée est en déroute. Le chant de la victoire ébranle leur confiance et sème le trouble en Italie.

Au milieu de tout ce tumulte surgit un étrange personnage. Johnny, évoluant dans le sens contraire des idéaux politiques et rempli de sensibilité, décide, après avoir fait montre de persévérance dans son unité, de rentrer chez lui, porté par le souffle de l’envie.

« Épuisé par cet excès de liberté et d’oubli, il dut s’appuyer au tronc d’un peuplier ; il sentit l’écorce tiède et tendre ; il n’entendit pas la trompette sonnez le cessez-le-feu. La réalité était celle du fleuve et le mauvais était rêve l’armée italienne, la guerre que celle-ci était en train de perdre et le cours de formation situé à Moarna ; si Jacoboni, ou Di Leva en personne était apparu devant lui, il aurait tout juste cligné des paupières, persuadé de l’annuler par cet infime mouvement. »

Beppe Fenoglio ne s’embarrasse pas d’un récit lourd et difficilement accessible, par sa plume, légère et enlevée il dénote et propose un personnage solitaire, en marge de la société, aussi poétique que sensible, aussi enivrant qu’envoûtant. Il est facile, après lecture, de penser qu’une part de l’auteur gît en Johnny, que le protagoniste n’est pas juste une extension de sa plume mais aussi une extension de son âme. Le rapport à l’humain, présenté dans sa plus juste mesure, tient d’un travail d’orfèvre, aucun arsenal littéraire, seulement un auteur et son personnage, où peut-être bien un personnage et son auteur.

Un portrait lucide d’une armée en déroute, un roman flirtant avec l’initiatique et au dessus de tout ça, Johnny, électron libre d’une masse aveuglée par la guerre.

217 Pages

Éditions Cambourakis

Ludo

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