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Quais du polar, l’équipe témoigne…

[L’équipe d’Un dernier livre vous propose son témoignage à travers des textes courts]

JEREMY

Toute la ville était pleine de tension. Comme prise d’effroi. Comme chaque année, il revenait, drainant avec lui tout ce que la littérature compte de bandits, tueurs en série et autres meurtriers. Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, il amenait également avec lui des gens, par centaines, par milliers. De tous les coins de France et d’ailleurs ils se massent, s’agglutinent dans des travées qui peinent à soutenir l’excitation de cette foule. Et enfin ils sont là, les maîtres de cérémonie, officiant à coup de dessins étranges et d’écritures ampoulées. Ces êtres dont la foule boit l’imaginaire et dont elle ne peut se rassasier, tel des Tantale de la pensée. Puis, aussi brusquement qu’il est arrivé, le mystérieux barnum lève le voile. Et l’on se dit que l’attente sera bien longue avant de goûter à nouveau tel délice.

Les quais du polar

STEEVEN

Samedi 29 Mars 10h00, muni de mon appareil photo, je rejoins mon binôme.

Nous avons pour mission de localiser et d’identifier l’homme hibou qui rôde sur les Quais du Polar.

Notre indic, R.J Ellory, nous déclare l’avoir vu à plusieurs reprises au sein de la chambre de commerce, lieu emblématique du festival, qui réunit libraires et auteurs pour une foule de passionnés du genre.

Après quelques heures à se fondre dans le décor, à écumer les étalages de nouveautés et livres cultes, multipliant les échanges avec les libraires qui étaient présent depuis la veille, je l’ai aperçu !

Un logo fin représentant un hibou.

Aucun doute c’est bien lui, je n’ai toujours pas réussi a voir son visage mais… « Non, ce n’est pas possible, le traître »

Une foule de fans et de curieux arrivant à contre-sens nous sépare.

« Il me faut juste le temps de sortir mon appareil photo avant que la foule ne m’absorbe ! »

« Il faut que je reste droit et que je photographie »

« Rester droit et photographier, rester droit et …. »

Les quais du polar

MARCELLINE

On arrive devant. Les portes, entrouvertes, vibrent sous les vagues sonores qui nous laissent juges de la foule contenue dans le ventre de pierre. Un pied devant l’autre, les marches sont franchies. Le vigile, d’un air entendu, nous salue. Flyers, flyers, les poches se remplissent de catalogues, soirées et autres invitations. Portes. Massives. Et devant nous s’étalent des arbres sous toutes leurs formes. Plantes, livres, tables, feuilles, tickets de cartes bleues, marque-pages… Le son des conversations emplit la nef imposante du palais. Un corridor s’ouvre devant nous, entre les stands et la foule qui se disperse et se modèle selon le passage des auteurs. Des agglomérats se forment et se déforment au gré des heures de dédicaces des stars du stylo, tandis que d’autres, plus confidentiels, scrutent par-dessus leurs piles de livres, qu’ils voudraient voir descendre plus vite, les badauds qui auraient la bonne idée de ralentir en passant devant. Prêt(e)s à tout, les éditeurs, derrière, en sparring partners, accostent, hèlent et aguichent pour retenir, détourner et glisser le bon livre dans les bonnes mains.

Nos yeux surfent sur des milliers de livres, véritables champs de papier, appel au crime, qui ceinturent l’espace. Il va encore falloir réorganiser la bibliothèque.

On a notre plan de vol. Qui est où, et quand. Sortir le bon livre au bon moment, ne pas rater l’auteur et retenir le sourire bête et le gloussement. Bon, ça c’est raté. Mais tant pis, on est groupie ou on l’est pas !

Sourire, bises, serrages de mains. Les photos des couvertures se matérialisent devant nous et nous saluent. Rencontrer, enfin, les personnes derrière les mails. Se sentir un peu plus légitime pour leur bafouiller un peu plus d’un « j’aime beaucoup ce que vous faites » fébrile et tremblotant.

Ces gens, mirobolants, devant nous réels pourtant.

Les Quais du Polar ont eu cette année une saveur particulière. Enveloppante, euphorisante. Le hibou que je suis est ressortie toute ébouriffée de ce week-end, repue de livres et remplumée par toutes ces formidables rencontres ! Vivement la suite …

Les quais du polar

CAROLINE

En ce Dimanche pluvieux, je mets les pieds pour la première fois aux quais du Polar. Honte à moi, je sais bien…
Après avoir retrouvé les autres membres du site, qui eux sont fidèles au poste depuis trois jours, voilà que j’entre dans la salle principale. Et là, je découvre l’effervescence littéraire, le brouhaha passionné des auteurs et des fans venus les rencontrer et aussi le lieu emblématique du Palais du Commerce, avec son plafond peint et ses colonnes massives…
Tant de monde concerné par cette culture du livre, voilà qui fait réellement chaud au cœur!
Cette édition des quais du Polar m’aura permis de faire de belles rencontres (spéciale dédicace à Nathalie Bru!) et de goûter à cette ambiance si particulière et tellement prenante.
C’est décidé, pour les années à venir, je répondrai présente plutôt deux fois qu’une!

Les quais du polar

LUDO

Pourtant je suis pas un grand fan du polar. Disons même que ça m’ennuie un peu. Le roman noir autant que vous voulez mais pas de polars conventionnels. Alors en poussant les portes du Quais du Polar j’allais un peu à l’encontre de mes lectures. Mais c’est pas tant pour ça que mes pieds m’ont guidé ici. C’est avant tout pour ce que l’atmosphère de ce lieu dégage, ce que cet amas d’auteurs, de lecteurs, de libraires et de librairies indépendantes laissent apercevoir de ce monde.

Alors quand dans un coin de table vous pouvez apercevoir Shannon BURKE, Jean-Bernard POUY, Michaël MENTION et tant d’autres grands auteurs, je me dis que j’ai pas atterri au mauvais endroit. Les Quais du Polar c’est plusieurs jours où la seule conviction des personnes présentes est de partager et d’assouvir un amour commun. C’est beau non ?

Et rien que pour ça je me vais me faire l’intégrale de Michael Connelly…

Non j’déconne.

Les quais du polar

LUCIE

Sublime cocon du polar, ambiancé de chaleur humaine. Passage de portes obligé, levée de regards sur ce ciel et les anges, envoûtement instantané. Journée supplémentaire de murmures incessants à cette foule d’euphorie. Réunion de sourires à l’arrachée, de rencontres inédites ou fortement désirées. Condensation d’amoureux du genre et de leurs idées noires, j’avance. La belle aubaine que de mettre des figures et des corps sur la langue des écrivains ! Stop. De la caféine aux yeux fatigués, je savoure. Ah, et cette envie soudaine d’y croiser Teodore pour l’entendre me raconter Varsovie. Zic. Impensable, toutes ces enquêtes accumulées aux affaires classées qui ne demandent qu’à être ouvertes ! Vertigineuse quête de l’Inconnu et du suprême au temple de l’investigation-née. Se retenir de tout emporter, les délicieuses histoires, subtilisées. Tombée du rideau et promesse faite aux anges ; je vous l’assure, je reviendrai.

Les quais du polar

TED

Ainsi il faut que je vous le dise, en un peu moins de 150 mots, que je vous dise ce que j’ai ressenti, ce qui m’a fait battre le palpitant au rythme syncopé et diablement swinguant des Quais du Polar. J’ai tout d’abord été surpris, puis emballé, par cette ivresse naissante – à cause de cet évènement – qui m’a laissé un arrière goût doux et sucré. L’aube du troisième jour fut remplie de promesses, de rencontres et de moments magiques ; telle une boîte à musique que l’on tend comme un ressort, révélant toute la magie au fil de sa mélodie. Des rencontres souvent très brèves mais toujours sympathiques, des passionnés, des auteurs, des éditeurs et des libraires présents et souriants toujours disponibles pour échanger quelques mots. Des lecteurs et visiteurs de plus en plus nombreux, on se bouscule, on rit et l’on espère aux détours d’un stand croiser un auteur patibulaire qui sera là pour nous emmener dans son univers grandiloquent. Mais voilà qu’à peine je me lance dans ma diatribe sur cet évènement atypique que l’on me demande déjà de m’arrêter, alors je laisserai cette porte aux souvenirs ouverte en espérant l’année prochaine, pouvoir y entrer à nouveau.

Photographes : Steeven et Jérémy

À propos Lucie

Chroniqueuse

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2 Commentaires

  1. Héhé, merci ! On s’est bien amusé 😀

  2. Sympa vos petits clins d’oeil au festival 😉

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