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Top 5 Marc

Top 5 2018 – Marc

L’année 2018 aura avant tout été, pour moi, l’année de mon arrivée dans la Team d’Un Dernier Livre. Si l’on regarde en arrière, je n’ai commencé à publier mes chroniques hebdomadaires qu’il y a quelques semaines. L’année aura donc été bien courte, à tel point que j’avais peur de ne pas avoir la matière suffisante pour entreprendre ce périlleux exercice qu’est le Top 5. Mais fort heureusement, je ne suis jamais à court d’idées, et ce Top 5 ne sera pas uniquement composé de mes chroniques de l’année comme il est d’usage, mais également de certaines chroniques à venir en 2019, histoire de vous mettre l’eau à la bouche !  J’espère en tout cas que vous prendrez autant de plaisir à lire ces livres que moi et que je vous ferai découvrir de jolies perles !

Commençons, si vous le voulez bien, par les romans.

La Déchéance d’un homme, d’Osamu Dazaï

La Déchéance d'un homme - Osamu Dazaï - Editions Gallimard

Je me mets à table avec l’ouvrage qui, de cette liste, m’aura le plus marqué. Je crois pouvoir sans mal le considérer comme mon livre préféré (en sauvage compétition avec Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski). La Déchéance d’un homme de Dazaï, c’est ce récit noir, brutal et sans concession d’un jeune homme brillant qui se laisse entraîner dans les limbes de la drogue, de l’alcool et de la décadence. Aussi tranchant qu’une lame de rasoir, il met en avant tout ce que l’homme a de misérable, de malhonnête, de détestable. Pourtant, on a de la pitié pour ce personnage, pour ses bonnes résolutions qu’il ne parvient jamais à tenir, pour le chagrin qu’il éprouve à l’idée de faire souffrir les autres sans pouvoir s’en empêcher.

L’idée que ce récit soit inspiré de la vie de l’auteur rend encore plus incertains les sentiments que l’on éprouve en le lisant. Sa part autobiographique est durement perceptible, que ce soit dans les détails de la souffrance, dans la pertinence et la justesse des réflexions sur la vie elle-même (Mérite-t-elle d’être vécue ? Peut-on dire sans mentir que l’on est heureux ? Pourquoi être heureux implique-t-il de rendre quelqu’un malheureux ?). Rappelons, à toutes fins utiles, que Dazaï aura tenté de se suicider une dizaine de fois au cours de sa vie. Et ceci n’est qu’un avant-goût de La Déchéance d’un homme

Je vous conseille chaleureusement ce livre complexe, basé sur l’expérience d’une vie. Il est agressif, violent, sans filtre, mais il captive dès les premières pages. Si vous le voulez, vous pourrez lire une critique plus élaborée de cet ouvrage en cliquant ici.

Ça raconte Sarah, de Pauline Delabroy-Allard

Ca raconte Sarah - Pauline Delabroy-AllardCe livre est ma découverte de l’année. Et quelle découverte ! Alors qu’il était en lice pour remporter le Prix France Culture de l’année 2018, j’ai fait partie du jury qui a prononcé sa victoire inconditionnelle. L’oeuvre est authentique, elle fleure bon la vraie vie. Elle a cette prodigieuse capacité de nous faire ressentir tout ce qui y est ressenti. Elle est unique.

L’amour n’a pas de limite, pas d’âge, pas de sexe. Il n’est que passion. C’est ce que montre ce livre, qui narre l’histoire de deux femmes, la trentaine, avec un emploi normal, avec une vie banale, des enfants, et qui vont s’éprendre éperdument l’une de l’autre. C’est l’histoire des sentiments que la narratrice va ressentir pour Sarah, cette belle femme qui lui a pris son cœur.

Ce qui est incroyable avec Ca raconte Sarah, c’est que cette Sarah qui occupe les pensées de la narratrice, ça peut être n’importe qui, n’importe quelle histoire d’amour. Cette fille à qui vous pensez tous les matins en vous levant, ce beau garçon qui s’endort contre vous tous les soirs, tous ces gens sont des “Sarah”, à leur manière. Tous ces gens sont des concentrés de sentiments bruts, ils sont ce qui nous fait vibrer au plus profond de nous.

Ca raconte Sarah, c’est ça. Le récit des sentiments. La chronique de cet ouvrage fabuleux, doux et entraînant est disponible ici.

The Empire of Corpses, de Project Itoh & Toh EnJoe

The Empire of Corpses (Roman)

Enfin traduit en français ! Ce livre n’est pas à proprement parler une nouveauté pour moi, mais c’est seulement cette année qu’il a connu sa toute première traduction française. Je l’avais déjà lu dans sa traduction anglaise, frustré que tous les francophones n’aient pas accès à un tel bijou.

Cette uchronie se déroule dans une Europe steampunk, à la fin du XIXème siècle, alors que la Révolution Industrielle bat son plein. Dans cette histoire alternative, le savant Victor Frankenstein a réellement existé et a laissé derrière lui des technologies suffisamment développées pour insuffler la vie à un cadavre.

C’est dans cet univers rempli de « nécromates », des cadavres transformés en esclaves dociles, que le jeune Dr John Watson est recruté par les autorités britanniques pour devenir un espion au service de la Couronne. Celle-ci a en effet besoin d’agents aux quatre coins du monde, des nécromaticiens talentueux pour s’assurer de son emprise sur ce business lucratif.

Je ne peux que vous conseiller cet ouvrage qui sort des sentiers battus et crée un univers extrêmement bien pensé, même si la traduction française n’est pas à proprement parler à la hauteur de mes attentes. Vous retrouverez en cliquant ici le détail de mes critiques à son propos.

Passons à présent aux mangas, dans une partie qui leur est réservée.

Moriarty, de Miyoshi Hikaru & Takeuchi Ryôsuke

Hikaru Miyoshi - Moriarty T.1Commençons par mon coup de cœur de l’année, Moriarty, une série en cours de parution qui en est depuis quelques semaines à son troisième tome. Les Editions Kana la diffuse en France depuis près d’un an, et le travail effectué est très satisfaisant.

Même les méchants ont un passé.“, tel est le slogan de Moriarty.  En effet, les auteurs de ce manga ont eu l’excellente idée de focaliser leur histoire sur l’antagoniste créé par Arthur Conan Doyle, au lieu de repartir sur un énième remake de Sherlock Holmes. Ainsi, ce sont les aventures du jeune Moriarty, tout fraîchement devenu professeur, que l’on va suivre dans cette série. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le machiavélique ennemi de Sherlock n’est pas si mal intentionné que cela…

Toutefois, que les fans inconditionnels de Holmes ne s’affolent pas trop vite, il suffira d’attendre le second tome pour voir apparaître celui qui deviendra le rival de Moriarty. L’air un peu rebelle et bravache, un beau sourire arrogant sur le visage, les auteurs se sont permis quelques libertés avec le personnage d’origine, mais cela ne rend celui-ci que plus intégré dans l’histoire en lui donnant de l’authenticité.

Un manga décidément bien agréable pour ceux qui aiment l’univers de Sherlock Holmes, les enquêtes et les génies du crime qui planifient leurs méfaits avec plusieurs coups d’avance. Une chronique de cette saga bien pensée, joliment dessinée et très savamment mise en scène sera rapidement disponible sur Un Dernier Livre.

Ken’en – Comme chien et singe, d’Ichimura Hitoshi & Fuetsudo

Ken'en T1Après autant de romans d’horreur, de résurrection morbide et de suicidaires dépressifs, je ne voudrais pas que l’on m’accuse de vouloir ruiner votre beau moral à l’approche des fêtes ! Voici un ouvrage plus vivant et plus joyeux, mais tout aussi plaisant à lire. Ken’en – Comme chien et singe est un conte doux, que l’on pourrait juger enfantin de prime abord, mais qui parle aux petits comme aux grands.

Dans Ken’en, on découvre un jeune homme-singe, typique du folklore japonais, qui, comme le veut la tradition, cherche à enlever une jeune femme pour pouvoir permettre à son espèce de se perpétuer. Pourchassé par les habitants des villages avoisinants, il va être pris au piège par un chien chasseur de démon, qui choisira de devenir son compagnon d’infortune. C’est sur la base de ce duo détonnant que l’histoire s’élabore, fluide et agréable à lire.

Les dessins sont jolis, les personnages sont bien proportionnés, les lignes de dialogue tombent juste et les petites piques que peuvent se lancer les protagonistes font toujours mouche ! Remercions pour cela les traductions réussies des Editions Doki-Doki, qui fait preuve (comme toujours) de beaucoup de talent. Ainsi, aucun reproche à faire sur la forme, qui est assurément celle d’un manga réussi !

Comptez sur moi pour vous parler plus en détail de ce charmant conte japonais, frais et coloré, dans ma chroniques du dimanche disponible en cliquant ici.

Le mot de la fin

J’ose espérer vous avoir fait découvrir des ouvrages qui vous plairont, puisqu’il s’agit de mes préférés pour cette année. J’ai donc survécu au périlleux exercice du Top 5, ce qui officialise désormais mon appartenance à la Team d’Un Dernier Livre et augure plein de belles choses pour la suite ! Vous retrouverez tous les dimanches mes chroniques sur le site et sur la page Facebook d’Un Dernier Livre, que je vous invite à suivre en cliquant sur le lien pour être tenu au courant de toutes les actualités et de tous les nouveaux articles du Webzine.

Mon objectif, comme celui de la maison d’édition Sentaku (dont l’interview de la fondatrice est disponible en cliquant ici), est de donner à ce genre mal considéré qu’est le manga ses lettres de noblesse. J’espère que la découverte de ces romans graphiques vous plaira tout autant que des romans traditionnels, et je vous promets plein de jolis dessins dans les temps à venir !

Pour conclure en cette fin d’année, de la part de toute l’équipe UDL, je vous souhaite d’excellentes fêtes, et j’espère que vous aurez eu plein de beaux livres sous le sapin !

 

Marc

 

À propos Marc Perrin

Marc Perrin
Chroniqueur

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